La modernisation du Corridor de Lobito peut constituer un levier majeur pour une connectivité durable et inclusive en République Démocratique du Congo, tant au niveau national que régional. Cette problématique a été au centre d’un panel stratégique auquel a pris part le Directeur général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), Fabien Mutomb. Lors des échanges, le responsable a insisté sur le rôle central du rail dans la valorisation des ressources naturelles du pays, notamment le cuivre, le cobalt et le zinc, « Sans chemin de fer dans un pays comme le nôtre, on ne peut pas parler de développement », a-t-il affirmé, soulignant que les richesses de la RDC restent largement inexploitées faute d’infrastructures de transport efficaces.Avec un réseau ferroviaire de 3 641 kilomètres reliant à la fois l’océan Atlantique et l’océan Indien, la SNCC dispose d’un potentiel stratégique considérable. Toutefois, près de la moitié de ces infrastructures est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, limitant fortement les capacités logistiques du pays. Le Directeur général a rappelé que la modernisation du rail exige des investissements massifs, estimés en milliards de dollars. À titre de comparaison, l’Angola a investi près de 3 milliards de dollars pour moderniser son réseau ferroviaire, doté de rails plus performants (54 kg/m), contrairement à ceux de la RDC (29 kg/m), moins adaptés aux locomotives modernes. Malgré ces défis, la SNCC a amorcé des efforts de réhabilitation, notamment sur l’axe Kolwezi-Dilolo, segment clé du Corridor de Lobito. À ce jour, 19 kilomètres sur les 80 prévus ont été réhabilités. Par ailleurs, 8 800 tonnes de rails sont disponibles à Dilolo pour renforcer la section Divuma-Dilolo, ce qui devrait améliorer la vitesse commerciale et accroître les revenus liés au trafic ferroviaire. Au-delà des infrastructures, Fabien Mutomb plaide pour une approche régionale coordonnée, « On ne peut pas parler du chemin de fer si chaque pays reste dans son circuit fermé », a-t-il déclaré, appelant à la mise en place d’un cadre de coopération internationale pour optimiser les corridors de transport. Dans cette dynamique, la SNCC mise également sur des réformes internes, notamment la mise en place d’une redevance logistique destinée à financer la réhabilitation du réseau, ainsi que l’ouverture à des partenariats publics et privés. Ce modèle de collaboration permet à l’entreprise de conserver jusqu’à 60 % de participation dans certaines opérations. Le Directeur général a aussi insisté sur la nécessité de créer des synergies entre les différents corridors régionaux, y compris le corridor central reliant la Tanzanie, le Burundi et l’Ouganda, avec une connexion vers Kalemie en RDC. Il a rappelé la supériorité logistique du rail par rapport à la route expliquant qu’une locomotive peut transporter jusqu’à 1 000 tonnes en unité multiple, contre environ 30 tonnes pour un camion. Un argument clé pour repositionner le chemin de fer comme pilier du développement économique du pays.Dans ce contexte, la relance du transport ferroviaire apparaît comme une condition indispensable pour transformer le potentiel minier de la RDC en véritable moteur de croissance durable.__________________Trésor Kasamba
Lubumbashi : Mort suspecte d’un sexagénaire en détention, la famille et la CNDH réclament justice
Arrêté le 07 avril dernier au rond-point Kilobelobe, Muyaya Mukendi Amos, un coiffeur de 62 ans, est décédé moins de 24 heures après son interpellation. Entre allégations de violences policières, témoignages contradictoires et procédure judiciaire contestée, l’ombre d’une bavure plane sur les services de sécurité de la capitale cuprifère. Une arrestation aux circonstances troubles Le mardi 07 avril 2026, alors qu’il rentrait de son travail, Muyaya Mukendi Amos est interpellé par la police. Père de 11 enfants, l’homme parvient à joindre son frère, Kabeya Mukendi Théo, depuis son lieu de détention à la Brigade criminelle de recherche et de surveillance (BCRS) au centre-ville. Selon le témoignage de son frère, le défunt aurait utilisé le téléphone d’un magistrat nommé François pour signaler son arrestation, précisant au passage une réalité amère : « Il m’a confié que ceux qui avaient de l’argent sur place avaient déjà été libérés ». Ce premier contact avec un membre de sa famille depuis sa geôle sera le dernier sans le savoir. De la disparition au choc de la morgue Le lendemain, l’épouse du sexagénaire se rend au BCRS pour obtenir sa libération. On lui rétorque alors que son mari a été transféré à la prison de Kasapa. Pourtant, sur place, des bruits de couloir évoquent une toute autre destination : La morgue de l’hôpital Sendwe. Des témoins affirment qu’un détenu aurait succombé à des sévices durant la nuit. La macabre découverte est confirmée peu après. À la morgue de Sendwe, la famille découvre un corps portant des stigmates de violences extrêmes, visage tuméfié, œil gravement endommagé et traces de coups sur l’ensemble du corps. Une version officielle contestée Une instruction judiciaire est ouverte, mais les premières conclusions du parquet peinent à convaincre la partie lésée. Une audience foraine a été organisée contre un autre détenu, un mineur, accusé d’avoir porté les coups mortels. Une version rejetée en bloc par Kabeya Théo frère du regretté Muyaya Mukendi Amos : « On nous dit qu’un mineur, détenu là depuis deux mois, l’aurait tabassé. Nous n’y croyons pas. Un mineur n’a pas sa place dans ce cachot du parquet ». La CNDH monte au créneau Saisie par la famille, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a exprimé sa vive préoccupation. Joseph Kongolo, coordonnateur provincial de l’institution, exige une enquête impartiale. La CNDH demande l’identification de tous les responsables, directs ou indirects. L’institution réclame une action judiciaire contre le magistrat instructeur si le caractère arbitraire de l’arrestation est établi. Face à l’ultimatum de 10 jours imposé par la mairie de Lubumbashi pour l’évacuation de la morgue de Sendwe, la CNDH sollicite le transfert du corps vers une autre morgue pour permettre une expertise médicale fiable. L’affaire soulève la question de la responsabilité de l’État congolais. En vertu de l’article 258 du Code civil livre III, l’État est le garant de l’intégrité physique des personnes sous sa garde. Le ministère public est désormais tenu d’ordonner une autopsie pour lever le voile sur les causes réelles du décès, tandis que la famille, déjà constituée partie civile, attend réparation pour ce qui ressemble à une tragédie évitable. Au-delà de la tragédie qui frappe une famille de onze enfants, l’affaire Muyaya Mukendi Amos résonne comme un test pour la justice congolaise. Alors que les cris d’alarme contre les conditions de détention et les arrestations arbitraires se multiplient dans le Haut-Katanga, l’issue de cette enquête déterminera si le slogan de l’État de droit peut s’appliquer jusque dans l’ombre des cachots de la BCRS. Pour l’heure, le silence des autorités policières face aux accusations de torture laisse un goût amer aux défenseurs des droits humains, qui attendent de voir si la vérité sortira enfin de la morgue de Sendwe. ________________Daniel FARAY
Kolwezi: Les projecteurs s’allument sur la 7ème édition du Festival du cinéma du Lualaba
Action! C’est parti pour un rendez-vous du grand écran qui tiendra visiblement ses promesses, une 7ème édition du 7ème art pour des histoires inédites, un voyage qui va sûrement embarquer des nouveaux passionnés du cinéma dans la jeune province du Lualaba. Jeudi 23 avril 2026, les portes du Festival du Cinéma du Lualaba FESCILU se sont ouvertes à Kolwezi, dans la splendide salle de congrès du Chef-lieu du Lualaba. Un rendez-vous des frissons que patronne la gouverneure du Lualaba Fifi Masuka, qui va réunir durant 4 jours, soit du 23 au 26 avril les réalisateurs, les acteurs, les professionnels du cinéma et les cinéphiles. Le Festival du cinéma du Lualaba enfonce ses racines, et devient de plus en plus un événement de référence dans la capitale du cobalt, de quoi réjouir son coordonnateur, Doudou Maloba, qui salue l’accompagnement du gouvernement provincial du Lualaba, de la gouverneure de province Fifi Masuka, et des partenaires si minimes qu’ils soient et qui n’ont pas hésité de donner un coup de main pour qu’à Kolwezi soient jetés les fondements solides d’une industrie du cinéma, et que celui-ci soit moteur de développement de la sous-région. Les écrans ne seront pas les seuls à faire vibrer à cet événement, les organisateurs ont prévu des rencontres professionnelles, des ateliers, des défilés de mode, des expositions d’oeuvres d’art, et des animations culturelles pour que la fête soit belle et tienne sa parole. Cette 7ème édition du Festival du cinéma du Lualaba s’affiche comme une vitrine des talents locaux dans l’univers du 7ème art, qui vont se mesurer au savoir-faire des acteurs internationaux. _______________La Rédaction
RDC : L’Assemblée nationale va examiner la motion de défiance contre Jacquemain Shabani ce 27 avril
Malgré les pressions politiques et les controverses juridiques entourant la procédure, la Conférence des présidents de la Chambre basse a acté l’examen en plénière de la motion visant le Vice-Premier ministre de l’Intérieur. Le bras de fer entre une partie du législatif et le patron de la sécurité nationale entre dans sa phase décisive. Réunie ce jour, la conférence des présidents de l’Assemblée nationale a officiellement inscrit à l’ordre du jour de la plénière du lundi 27 avril la motion de défiance dirigée contre Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières. À l’origine de cette initiative, on retrouve le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani (Tshopo). Bien que membre de l’Union Sacrée (plateforme présidentielle), l’élu ne décolère pas. Déposée le 13 avril dernier, sa motion dresse un réquisitoire sévère contre le patron de la territoriale: Incompétence présumée face à la recrudescence de l’insécurité sur le territoire national ; Entrave au contrôle parlementaire et mépris de la séparation des pouvoirs ; Abus d’autorité à des fins de positionnement partisan. « Malgré les tentatives d’obstruction, nous avons estimé nécessaire que la plénière, souveraine, puisse se prononcer », a glissé sous couvert d’anonymat un membre du bureau de la Chambre basse. Si le rendez-vous est pris pour lundi, le chemin a été semé d’embûches. Les derniers jours ont été marqués par une guerre de tranchées au sein de l’hémicycle. Selon plusieurs sources parlementaires, de nombreux signataires auraient subi de fortes pressions de la part de leurs états-majors politiques pour se rétracter. Plus grave encore, la bataille s’est déplacée sur le terrain judiciaire. Une plainte pour faux en écriture a été déposée devant le Parquet général près la Cour de cassation contre l’initiateur de la motion. Certains élus affirment en effet n’avoir jamais apposé leur signature sur le document incriminé. Dans l’entourage de Jacquemain Shabani, on dénonce une cabale politique et des règlements de comptes internes. Le camp du ministre pointe du doigt des manœuvres orchestrées par certains caciques de l’UDPS, le parti présidentiel, révélant ainsi des fissures au sein même de la famille politique du Chef de l’État. Le rendez-vous du 27 avril s’annonce donc électrique. Il s’agira d’un test majeur pour la cohésion de la majorité parlementaire et pour l’avenir de celui qui occupe l’un des postes les plus régaliens du gouvernement Suminwa. ________________Daniel FARAY
Lubumbashi : La PNC démantèle plusieurs foyers de criminalité, 70 suspects interpellés
L’opération Ndobo monte en puissance dans le Haut-Katanga. Lors d’une vaste opération de bouclage menée dans la nuit du 22 au 23 avril 2026, la Police Nationale Congolaise (PNC) a frappé un grand coup dans les quartiers périphériques de Lubumbashi, procédant à l’arrestation de plusieurs dizaines d’individus. C’est sous la direction personnelle du Commissaire Provincial de la PNC-Haut-Katanga, le Général Blaise Kilimbalimba, que les forces de l’ordre ont investi les cellules Penga Penga et Basembe, situées dans le quartier Bagdolite dans la commune de Lubumbashi. Cette intervention, menée entre mercredi soir et jeudi matin, a bénéficié d’un appui interinstitutionnel majeur. Outre les unités de la police, des éléments de la 22ème région militaire des FARDC et différents services de sécurité ont été mobilisés pour garantir l’efficacité du bouclage et prévenir toute résistance armée. Le résultat de cette nuit d’intervention est sans appel. Selon les chiffres officiels communiqués par les autorités : 70 présumés délinquants ont été appréhendés et mis à la disposition de la justice. Une quantité importante d’alcool frelaté, dont plusieurs cartons de whisky en format miniature et 60 litres de boissons à forte teneur alcoolique. Des barres de mine, des couteaux et divers objets tranchants ont été récupérés, confirmant la dangerosité des suspects interpellés. « Cette opération témoigne de notre détermination à ne laisser aucun sanctuaire aux criminels dans cette province », a déclaré le Général Kilimbalimba lors du constat des faits. Présent aux côtés des forces de l’ordre, le Ministre provincial de l’Intérieur a salué la coordination entre la police et l’armée. Pour les autorités locales, l’objectif de l’opération Ndobo est clair : Restaurer l’autorité de l’État et garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens, alors que le sentiment d’insécurité inquiétait de plus en plus les lushois. Le Général Blaise Kilimbalimba a d’ores et déjà annoncé que ces actions de bouclage ne sont pas isolées et vont se poursuivre, de manière inopinée, sur l’ensemble de la province du Haut-Katanga. ________________Daniel FARAY
RDC: Le CPVS échange avec Buenassa Resources S.A. sur l’industrialisation locale du cuivre et du cobalt
Dans le cadre du suivi des engagements présidentiels visant à renforcer la compétitivité et la diversification économique, le Conseil Présidentiel de veille stratégique (CPVS) poursuit son action en faveur de la transformation locale des ressources minières de la République Démocratique du Congo. À ce titre, une audience stratégique s’est tenue le lundi 20 avril 2026 entre son Coordonnateur, François Muamba Tshishimbi, et le Directeur Général de Buenassa Resources S.A., Eddy Kioni. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Programme d’Actions du Gouvernement, en lien avec l’un des six engagements majeurs du Chef de l’État à savoir : Bâtir une économie plus compétitive et diversifiée. Les échanges ont porté sur les avancées d’un projet structurant visant à positionner la RDC comme un acteur industriel clé dans la chaîne de valeur des minerais critiques, notamment le cuivre et le cobalt. Le Directeur Général de Buenassa a présenté l’état d’avancement d’un projet ambitieux de transformation locale, avec pour objectif de réduire la dépendance à l’exportation brute des minerais et de maximiser la valeur ajoutée captée sur le territoire national. Un projet industriel à forte portée stratégique Au centre des discussions figure l’initiative d’ériger la première usine de raffinage de cuivre et de cobalt dirigée par des Congolais. Ce projet marque une étape importante dans la volonté de repositionner la RDC, en passant d’un rôle d’exportateur de matières premières à celui de producteur industriel intégré. Le modèle proposé repose sur trois piliers complémentaires : une plateforme de commercialisation, un complexe de raffinage, un dispositif de stockage stratégique. Cet écosystème intégré vise à améliorer la maîtrise des flux de minerais et des revenus associés, tout en favorisant une transformation locale plus efficace des ressources naturelles. Capacités de production et ambitions industrielles Le projet prévoit un développement en deux phases. La première phase ambitionne une production annuelle d’environ 30 000 tonnes de cathodes de cuivre conformes aux standards LME, ainsi que 5 000 tonnes de cobalt métal. À terme, la deuxième phase porterait ces capacités à 120 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt, traduisant une montée en puissance significative de l’outil industriel. Par ailleurs, un site de 13 000 hectares pourrait être mis à disposition pour accueillir cette infrastructure, renforçant ainsi la structuration de la chaîne de valeur minière nationale et le positionnement du pays sur les marchés internationaux. Points de vigilance et priorités stratégiques Au cours des échanges, le CPVS a mis en lumière plusieurs enjeux critiques à anticiper pour garantir la réussite du projet : La sécurisation foncière du site, l’accès à une énergie fiable et durable, la garantie d’un approvisionnement régulier en minerais, la structuration du financement, la cohérence stratégique avec les intérêts nationaux. Ces éléments constituent des préalables essentiels pour assurer la viabilité et la durabilité de l’initiative. Vers une économie créatrice de valeur Pour le Coordonnateur du CPVS, l’enjeu majeur réside désormais dans la levée des contraintes identifiées afin de consolider la transition vers une économie industrielle créatrice de valeur. Le Comité entend poursuivre un suivi proactif de ce projet, considéré comme structurant pour l’avenir économique de la RDC. À travers cette dynamique, la RDC confirme son ambition de mieux valoriser ses ressources naturelles et de renforcer sa souveraineté économique en s’insérant durablement dans les chaînes de valeur mondiales des minerais stratégiques.___________________Trésor Kasamba
Import-Export : La FEC place la RDC au centre des corridors africains
Pendant deux jours, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), réunit les acteurs économiques autour de la troisième édition de la Conférence Import-Export. Au cœur des échanges : Un thème à forte portée stratégique à savoir, « La RDC au cœur des enjeux de développement des corridors pour une meilleure intégration économique et commerciale de l’Afrique ». Un choix qui traduit moins une ambition théorique qu’une nécessité concrète pour la République Démocratique du Congo. Dès l’ouverture, Patrick Muland, Président provincial de la FEC/Haut-Katanga, a dressé un constat sans détour. Grâce à sa position géographique centrale, la RDC dispose d’un avantage comparatif majeur, reliant ses immenses ressources minières et agricoles aux grands ports du continent. Pourtant, cette position stratégique reste sous-exploitée, freinée par des coûts logistiques élevés et des infrastructures inadaptées. Un frein majeur à lever Routes dégradées, connexions insuffisantes, chaînes logistiques fragmentées, autant de contraintes qui limitent la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et internationaux. Pour les participants à la conférence, il devient urgent de transformer ces faiblesses structurelles en opportunités de croissance. La réponse, selon la FEC, passe par une approche coordonnée impliquant à la fois l’État et le secteur privé. Cette synergie est considérée comme indispensable pour relever les défis liés au développement des infrastructures. Le pari du partenariat public-privé Dans ce contexte, le partenariat public-privé s’impose comme un levier central. En mobilisant des capitaux privés et des compétences techniques, ce modèle permettrait d’accélérer la modernisation des routes, des ports, des aéroports et des réseaux énergétiques. Pour les opérateurs économiques, ces investissements sont essentiels pour combler le déficit infrastructurel et repositionner la RDC comme un hub commercial incontournable en Afrique. Connecter le territoire pour mieux commercer Au-delà des grands projets, la FEC insiste sur la nécessité de renforcer les connexions internes du pays. L’objectif est de fluidifier la circulation des marchandises entre les zones de production et les marchés de consommation, en créant un système logistique cohérent et performant.Cette dynamique suppose non seulement la réhabilitation des axes existants, mais aussi la construction de nouvelles liaisons capables de désenclaver plusieurs provinces. Le rôle clé des corridors régionaux Parmi les solutions envisagées, le développement des corridors logistiques occupe une place centrale. Une attention particulière est portée au corridor de Lobito, souvent comparé aux corridors central et oriental. Mais au-delà des coûts de transit, le patronat insiste sur d’autres critères décisifs : La fiabilité, la sécurité, la rapidité, la fiscalité ou encore la qualité des infrastructures douanières. Autant de paramètres qui influencent directement l’efficacité des échanges commerciaux. Un levier de développement global Pour la FEC, l’enjeu dépasse largement la logistique. Le développement des corridors doit être envisagé comme un moteur de transformation économique et sociale. Ces axes peuvent favoriser la création de pôles économiques, stimuler l’industrialisation locale et générer des emplois durables.Ils offrent également des opportunités concrètes pour les petites et moyennes entreprises, appelées à mieux s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales grâce à une réduction des coûts et un accès facilité aux marchés. Une vision politique à structurer Toutefois, la réussite de cette ambition repose sur un cadre stratégique clair. Comme l’a souligné Patrick Muland, la mise en place d’une politique nationale cohérente en matière de corridors est indispensable pour garantir une gouvernance efficace et éviter les chevauchements institutionnels. Dans cette dynamique, l’action du Président en faveur de l’intégration régionale est mise en avant, sans omettre une orientation soutenue au niveau provincial, notamment dans le Haut-Katanga, où les autorités réaffirment la place stratégique de la RDC dans le développement des corridors africains. Une ambition continentale Patrick Muland a rappelé que les corridors ne sont pas de simples infrastructures, mais de véritables instruments d’intégration : « Le corridor de Lobito n’est pas un simple tracé sur une carte, mais un levier vital pour une Afrique intégrée ». À travers cette conférence, la FEC réaffirme une conviction forte : C’est par la coopération, la mobilisation des ressources et une vision partagée que la RDC pourra pleinement jouer son rôle de carrefour économique du continent.Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait faire des corridors non seulement des routes commerciales, mais aussi des vecteurs de prospérité pour toute l’Afrique.___________________Trésor Kasamba
Modernisation de la morgue de l’hôpital Sendwe : Un délai de 10 jours accordé aux familles pour le retrait des corps
L’autorité urbaine de Lubumbashi lance un compte à rebours pour la modernisation de la morgue de l’hôpital de référence Jason Sendwe. Dans un communiqué officiel consulté ce jeudi par notre rédaction, la mairie accorde un délai de dix jours aux familles pour évacuer les dépouilles encore présentes dans l’établissement. Cette mesure, qualifiée d’impérative par l’hôtel de ville, est le préalable indispensable au lancement des travaux de rénovation et de modernisation de cette infrastructure sanitaire, initialement programmés pour débuter le 20 avril dernier. « Dans l’optique de moderniser la morgue de l’hôpital Jason Sendwe, Madame le Maire ad intérim de Lubumbashi, Joyce Tunda Kazadi, invite la population à prendre toutes les dispositions nécessaires pour le retrait des corps », précise le document officiel. L’échéance est désormais fixée, les familles ont jusqu’au 02 mai 2026 pour libérer les casiers mortuaires. Passé ce délai, l’administration pourrait prendre des mesures d’office pour permettre le démarrage du chantier. Face à l’enjeu de santé publique, l’autorité urbaine mise sur la coopération citoyenne, « Madame le Maire rappelle le caractère impératif de cette décision et en appelle au sens des responsabilités ainsi qu’à la compréhension de tous ses administrés », souligne le communiqué. Ce projet de modernisation d’envergure vise à transformer radicalement les conditions de conservation des dépouilles et à offrir un service funéraire plus digne et performant aux habitants de la capitale économique de la République Démocratique du Congo._______________Daniel FARAY
Assemblée nationale de RDC: Les signataires de la motion contre Jacquemain Shabani crient au blocage
En République Démocratique du Congo, plus d’une semaine après le dépôt d’une motion de défiance visant Jacquemain Shabani, Vice-Premier ministre, ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, les tensions persistent à la Chambre basse du Parlement. Les députés nationaux à l’initiative de cette démarche dénoncent ce qu’ils qualifient de blocage délibéré du contrôle parlementaire par le bureau de l’assemblée nationale. L’initiateur de la motion, le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani (Tshopo), accuse le Bureau de violer l’article 235 du Règlement intérieur. Selon lui, le traitement de la motion accuse un retard injustifié alors que le texte aurait dû être inscrit à l’ordre du jour peu après son dépôt le 13 avril dernier. Une lecture que conteste fermement le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli. Ce dernier rejette toute accusation de blocage et évoque une mauvaise interprétation des textes par les pétitionnaires. Selon le rapporteur, l’article 235 ne stipule pas que la motion doit être examinée dans les 48 heures, mais qu’elle ne peut l’être qu’après ce délai franc. Il a précisé que le dossier suit son cours normal : « La motion a été déposée le 13 avril. Dès le retour du président de l’Assemblée nationale, celui-ci procédera à l’examen formel de sa recevabilité avant une éventuelle fixation en séance plénière ». Pour rappel, les signataires de cette motion de défiance reprochent au patron de l’Intérieur une gestion inefficace de la sécurité nationale. Ils pointent notamment du doigt la recrudescence de la criminalité urbaine à Kinshasa, Lubumbashi ainsi que la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs grandes villes du pays. Déposée officiellement le 13 avril à 14 heures, la motion reste pour l’instant en suspens, en attendant l’arbitrage du Bureau de l’Assemblée nationale. _______________Fulbert Ngoy
Révision constitutionnelle en RDC : Jean-Claude Katende prédit une vive résistance citoyenne
Le débat sur le changement de la Loi fondamentale en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus vive. Jean-Claude Katende, Président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), a vivement réagi aux récentes initiatives portées par le camp présidentiel, qualifiant la réception du projet de douche froide pour ses initiateurs. Dans une déclaration empreinte de fermeté, l’activiste des droits de l’homme a ciblé directement le professeur André Mbata, Secrétaire permanent de l’Union Sacrée de la Nation (USN). Ce dernier avait récemment lancé un appel à contributions pour soutenir une réforme, voire un changement complet de la Constitution. Pour Jean-Claude Katende, l’accueil réservé à cette démarche au sein de l’opinion publique et de la société civile constitue un signal sans équivoque. « La douche froide reçue par le professeur André Mbata en rapport avec son appel à contributions est une alerte et un avertissement », a-t-il affirmé. L’ASADHO, par la voix de son Président, rappelle que toute tentative de toucher aux équilibres constitutionnels actuels se heurtera à une résistance citoyenne et politique majeure. Selon Jean-Claude Katende, les partisans du changement de Constitution sous-estiment la détermination de ceux qui s’opposent à ce qu’ils considèrent comme une manœuvre visant à fragiliser les acquis démocratiques. « J’ai déjà dit à ceux qui s’agitent pour le changement de Constitution que pareille initiative ne sera jamais un fleuve tranquille », a prévenu le leader de l’ASADHO. Par cette dénonciation, il souligne que le chemin vers une nouvelle Constitution sera semé d’embûches et de contestations sociales, loin du consensus espéré par la majorité au pouvoir. Alors que les voix se multiplient au sein de la famille politique du Chef de l’État congolais pour justifier la nécessité d’une constitution adaptée aux réalités congolaises, les organisations de la société civile, elles, craignent une remise en cause des verrous limitant le nombre de mandats présidentiels. Cette sortie de Jean-Claude Katende replace l’église au milieu du village, le débat constitutionnel est loin d’être clos et s’annonce comme l’un des enjeux majeurs de la scène politique congolaise dans les mois à venir. ________________Daniel FARAY