Un ouf de soulagement vient d’être poussé pour le VPM de l’Intérieur face à cette cause politique majeure. La motion de défiance initiée contre Jacquemain Shabani a été rejetée par une large majorité de députés nationaux au cours de la séance plénière du mercredi 29 avril 2026. Il ne se présentera donc pas devant les élus du peuple pour assurer sa défense face aux griefs qui lui étaient adressés dans la motion. Dans une atmosphère particulièrement tendue, l’examen de cette motion initiée par l’élu de Kisangani-Ville, Laddy Yangotikala, a rapidement tourné à une confrontation politique marquée par de vives contradictions au sein de l’hemicycle. Cependant, plusieurs irrégularités de fond et de forme dans la rédaction de la motion, ainsi que des anomalies jugées préoccupantes dans l’identification de certains signataires, ont été dénoncées par certains cadres du pouvoir en place. Intervenant sur un ton ferme, le député Gary Sakata a qualifié la motion de « frauduleuse ». Selon lui, le texte serait entaché de graves irrégularités, allant jusqu’à évoquer la présence de faux noms. Il a notamment cité des erreurs telles que « Imani » à la place de « Amani » et « Pua » au lieu de « Puwa », des éléments qui, selon plusieurs parlementaires, remettent en cause la crédibilité même de l’initiative. Ces révélations ont suffi pour affaiblir considérablement la motion, défendue par son initiateur au sein de l’hémicycle. Devant une forte mobilisation de 490 députés présents à la plénière sur les 500 que compte l’Assemblée nationale, la motion a finalement été rejetée, mettant ainsi fin à cette tentative de mise en cause du VPM de l’Intérieur. Malgré cet échec parlementaire, les griefs à l’origine de la motion restent d’actualité. Le Vice-Premier ministre de l’intérieur est en effet critiqué par une partie de la classe politique pour sa gestion jugée défaillante de la situation sécuritaire dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo. À l’instar de Kinshasa, capitale de la RDC, où la montée de la criminalité urbaine devient de plus en plus inquiétante, avec des braquages en plein jour comme dans un film hollywoodien. ________________Junior Numbi
Débat sur le 3ème mandat en RDC : Jean-Claude Katende alerte sur un recul démocratique et un climat de peur
Le lancement de la campagne « le 3ème mandat est périmé » par l’activiste des droits de l’homme Jean-Claude Katende soulève une vague d’inquiétudes au sein de l’opinion. Entre mises en garde de ses proches et constat d’un rétrécissement de l’espace civique, le président de l’ASADHO peint un tableau sombre de la liberté d’expression sous le régime actuel. Depuis qu’il a pris position publiquement contre l’éventualité d’une nouvelle prorogation du mandat présidentiel, Jean-Claude Katende dit faire face à un déferlement de messages d’alerte. Ce qui frappe l’acteur de la société civile, ce n’est pas tant la menace elle-même, mais la terreur que le système semble inspirer aux citoyens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, dit-il sur son compte X. Faisant preuve d’une franchise déconcertante, il relate l’ambiance qui entoure son initiative : « Depuis que j’ai annoncé la campagne le 3ème mandat est périmé, je reçois des appels des compatriotes qui sont au pays tout comme à l’étranger qui ont très peur pour moi : Fais attention, on va te tuer. Fais attention, on va t’arrêter », écrit-il. Pour Jean-Claude Katende, cette réaction viscérale de ses compatriotes est le symptôme d’un mal plus profond : L’érosion des acquis démocratiques. Celui qui a connu plusieurs cycles politiques en RDC avoue sa stupéfaction devant le climat actuel. « Avant cette annonce, je ne pouvais jamais m’imaginer que les compatriotes avaient si peur du régime du Président Tshisekedi. Je n’en reviens pas. Il y a vraiment un recul démocratique dans le pays. Un État où les citoyens pouvaient s’exprimer librement sur les questions d’intérêt national, sans craindre des représailles, disparaît au jour le jour. C’est très dommage », déplore l’activiste. En dénonçant ce qu’il qualifie de recul, Katende pointe du doigt la fragilité des libertés publiques, alors que la Constitution de 2006, issue d’un large consensus, semble être à nouveau au cœur de toutes les convoitises politiques. Pour de nombreux observateurs, le témoignage de Jean-Claude Katende sonne comme un avertissement, lorsque la peur remplace le débat d’idées, c’est la santé même de la nation qui est mise en péril. _______________La Rédaction
Lubumbashi : La justice militaire frappe fort, 33 jeunes de partis politiques condamnés pour vandalisme
Le verdict est tombé comme un couperet. Dans une ambiance de tension électrique, la justice militaire a condamné, ce mardi, 33 jeunes affiliés à diverses formations politiques. Accusés de banditisme urbain et de troubles graves à l’ordre public, leur condamnation marque un tournant dans la stratégie de sécurisation de la ville, entre fermeté judiciaire et message politique. Loin des cabinets feutrés, c’est en plein air, sous le regard d’une population divisée entre soulagement et stupéfaction, que l’audience foraine a rendu ses conclusions au stade Kibassa Maliba de la Kenya. Ces 33 prévenus, dont l’appartenance politique a été confirmée, étaient poursuivis pour des actes de violence ayant émaillé la capitale cuprifère ces dernières semaines. Le tribunal n’a pas tremblé, les peines prononcées visent à faire date. Les personnes poursuivies, identifiées comme appartenant au groupe dirigé par Ngoie Kona alias Wa Ngolo ont été condamnés chacun à 20 ans de servitude pénale principale et à un paiement à chaque partie civile de la somme de 100.000 dollars en franc congolais et la restitution des biens endommagés. Pour les observateurs, cette mise en scène de la loi avec des prévenus alignés devant les magistrats répond à une urgence sécuritaire. Il ne s’agit plus seulement de juger, mais de démontrer physiquement que l’uniforme et la loi ont repris le dessus sur les écuries politiques. Ce verdict met en lumière une réalité souvent dénoncée à Lubumbashi, l’instrumentalisation de la jeunesse par les partis. Si le droit à l’activisme est garanti, le tribunal a tranché sur la frontière entre militantisme et criminalité de droit commun. Si une grande partie de la société civile salue ce coup de semonce contre l’impunité, certains défenseurs des droits humains s’interrogent sur la rapidité des procédures lors de ces audiences foraines. Cependant, pour l’opinion publique lushoise, l’essentiel semble être ailleurs, dans la nécessité de dormir enfin en paix. En attendant, les cellules de la prison de Kasapa se remplissent, et le calme, bien que fragile, pourrait se réinstaller dans les grandes artères de la ville, particulièrement dans la commune Kenya. ________________Daniel FARAY
Tensions sociales à Metalkol : les travailleurs dénoncent le non-respect des accords
À l’entreprise minière Metalkol, la tension est montée d’un cran ce mercredi 29 avril 2026. Les travailleurs de cette unité minière ont quitté leurs postes et se sont rassemblés pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de non-respect répété de leurs droits par la nouvelle direction. Selon plusieurs employés, la situation actuelle est inédite depuis près de huit ans, « Nous n’avons jamais connu une telle situation. Avec l’ancienne équipe, le dialogue était possible. Aujourd’hui, aucune de nos revendications n’est prise en compte », déplore Elie Mbumb représentant du banc syndical. Une convention collective non appliquée Au cœur du conflit, une convention collective conclue entre les travailleurs et l’entreprise. Celle-ci devait entrer en application dès le mois de mars, mais, selon les salariés, les engagements n’ont pas été respectés. La direction aurait promis, via la communication interne, une application avec effet rétroactif. Une annonce qui avait temporairement apaisé les tensions. Mais sur le terrain, les travailleurs affirment avoir effectué jusqu’à 80 % de leurs heures de travail sans percevoir un salaire conforme aux accords. Désaccord sur le SMIG et les salaires Un autre point de discorde concerne l’application du SMIG. Les travailleurs accusent l’entreprise d’utiliser un taux de change contesté, « Ils parlent d’un taux de 280, alors que le taux de référence de la Banque centrale est autour de 220. Cela impacte directement nos salaires », expliquent-ils, à travers le représentant du banc syndical. Selon leurs calculs, une application correcte du taux devrait garantir un minimum d’environ 255 dollars, ce qui ne serait pas respecté. Polémique autour de l’assurance santé La mise en place d’une assurance santé a également suscité de vives critiques. Les employés affirment qu’elle leur a été imposée sans concertation, en contradiction avec la législation congolaise. Ils dénoncent notamment des plafonds jugés insuffisants pour les soins lourds. « Par exemple, pour un parent dialyse, le salaire est à 2 000 dollars. Ce sont les travailleurs les moins payés qui en souffrent le plus », affirment-ils. Les relations entre les travailleurs et la direction des ressources humaines semblent profondément dégradées. Les représentants du personnel accusent le directeur en poste de refuser toute négociation. Plus grave encore, ils dénoncent des tentatives de contact direct avec les travailleurs, en dehors des cadres légaux. « Il refuse de négocier avec les représentants, mais cherche à parler directement aux agents, ce qui est contraire aux règles », soutiennent-ils. Des revendications radicales Face à l’impasse, les travailleurs disent avoir saisi les autorités compétentes. Mais sur le terrain, la colère reste vive. Parmi leurs principales revendications, ils soutiennent la démission du directeur général et de son équipe avant toute négociation. « Nous ne reprendrons pas le travail tant que ces conditions ne seront pas réunies », ont-ils conclu. Ce mouvement met en lumière les fragilités du dialogue social dans certaines entreprises minières de la région. À Metalkol, où la production repose principalement sur le retraitement de résidus miniers, les travailleurs estiment que leurs conditions ne reflètent pas la rentabilité de l’activité. L’évolution de cette crise pourrait dépendre de l’implication des autorités et de la capacité des deux parties à revenir à la table des négociations.___________________Trésor Kasamba
Tragédie au marché Mimbulu : L’imprudence d’un chauffeur de poids lourd coûte la vie à 4 personnes à Lubumbashi
Un accident d’une rare violence a endeuillé le quartier Gécamines le lundi 27 avril 2026. Un camion en provenance de Kasumbalesa a fini sa course sur les étals du marché Mimbulu, causant la mort de quatre personnes et faisant sept blessés graves. En cause, l’usage du téléphone au volant. Dans sa course folle, le véhicule a fauché plusieurs vendeurs qui occupaient le bord de la chaussée, avant d’être stoppé par un arbre dans l’enceinte de la paroisse Béthanie de l’Église Méthodiste Unie. Le bilan officiel, communiqué par les autorités locales, fait état de quatre décès immédiats et de sept blessés, dont certains se trouvent dans un état critique. Interpellé par la Police de Circulation Routière (PCR), le conducteur du camion a rapidement été confronté à ses responsabilités. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme a reconnu avoir été distrait par son téléphone portable au moment où il a perdu le contrôle de son véhicule. Cet aveu souligne une fois de plus le danger mortel du non-respect des règles de sécurité routière. Le ministre provincial des Transports, Georges Babunyi, s’est rendu au chevet des victimes dans les différentes structures sanitaires de la ville. Tout en exprimant la compassion du gouvernement provincial, le ministre a dû faire face à l’émoi de la population. Ce drame ravive un double débat crucial pour l’urbanisme de Lubumbashi : Le contrôle technique des véhicules lourds et la vigilance des chauffeurs sur l’axe Kasumbalesa-Lubumbashi ainsi que la problématique des marchés informels qui s’étendent dangereusement sur les accotements, exposant les vendeurs au moindre écart de conduite. Alors que les familles pleurent leurs morts, cet accident sonne comme un énième avertissement pour les autorités, la libération des emprises routières n’est plus seulement une question d’esthétique urbaine, mais une urgence vitale. ________________Daniel FARAY
Les soupçons s’accentuent en RDC : « Le 3e mandat est périmé » ponctue Jean-Claude Katende
Entre projet de changement constitutionnel et soupçons de troisième mandat, la société civile et les partis d’opposition continuent de hausser le ton pour faire barrage à un processus largement décrié. Le président national de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a annoncé, 28 avril 2026, le lancement imminent d’une campagne baptisée : « Le troisième mandat est périmé ». Cette annonce intervient dans un contexte de profonde division au sein de la classe politique congolaise autour de la question du changement de la Constitution. Du côté du pouvoir, certains cadres avancent une lecture différente de la fonction présidentielle. Le président serait élu pour une mission, et non pour un mandat. Ils estiment que Félix Tshisekedi aurait été élu pour accomplir une mission prioritaire, celle de rétablir la paix sur l’ensemble du territoire, notamment dans l’Est du pays, en proie à des conflits armés depuis plus de trente ans. Selon cette approche, deux mandats ne suffiraient pas pour atteindre cet objectif. Une continuité à la tête de l’État serait envisageable. Face à cette position, l’opposition dénonce une violation flagrante de la Constitution. Elle rappelle que le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. L’Article 70 de la Constitution stipule :« Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. À la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ». Pour ces leaders d’opinion, il est impératif que Félix Tshisekedi passe le relais en 2028. Toute tentative de modification ou de révision visant à prolonger le mandat présidentiel constituerait une dérive grave aux principes démocratiques. « Non au troisième mandat. Le dire n’est pas une infraction », a déclaré Jean-Claude Katende. De son côté, la plateforme Lamuka a récemment condamné toute initiative de changement ou de révision constitutionnelle. Elle qualifie une telle démarche d’acte de rébellion, la comparant à celle du mouvement AFC/M23. À mesure que l’échéance de 2028 approche, le débat sur le respect de la Constitution et l’alternance démocratique s’annonce de plus en plus tendu, d’autant plus que la Commission électorale nationale indépendante ferait déjà face à d’importants défis logistiques dans l’organisation des élections. ________________Junior Numbi
Accueil des migrants en RDC: « Le Congo n’est pas à vendre, ni une poubelle à louer » clame Sesanga
« Le Congo n’est pas à vendre, ni une poubelle à louer », c’est en ces termes que Delly Sesanga, leader du parti ENVOL, s’est exprimé sur son compte X, à l’occasion d’une marche organisée contre l’arrivée présumée de migrants afghans en République démocratique du Congo. Le 27 avril 2026, le parti ENVOL a organisé une manifestation à Kinshasa, pour dénoncer cette situation. Initialement prévue comme une marche pacifique visant à interpeller le régime en place, la mobilisation a rapidement dégénéré en troubles, marqués par des arrestations que les manifestants jugent arbitraires. Selon plusieurs témoignages, la police est intervenue pour disperser la foule, donnant lieu à une répression dénoncée par les organisateurs. En République démocratique du Congo, les manifestations publiques se soldent souvent par des bilans négatifs, et celle-ci n’a pas fait exception. Le parti ENVOL affirme s’opposer à tout projet d’accueil sur le sol congolais de combattants alliés aux États-Unis ayant été engagés en Afghanistan. Lors des échauffourées, un haut cadre du parti, Maître Nicolas Langa, a été interpellé par les forces de l’ordre. De son côté, le secrétaire général du parti, Rodrigue Ramazani, dénonce une attaque conjointe entre la police et des membres présumés de la milice « Force du progrès », affiliée à l’UDPS, le parti au pouvoir. Les faits se seraient déroulés sur le boulevard Lumumba, où plusieurs militants étaient mobilisés. Il condamne également l’usage qu’il qualifie de disproportionné de la force par les autorités, ainsi que l’arrestation de plusieurs cadres du parti, dont le coordonnateur d’ENVOL/Kinshasa, Graziani Tshibangu. Les responsables du parti appellent le régime de Félix Tshisekedi à mettre fin à la répression, à respecter les libertés publiques et à suspendre tout accord susceptible, selon eux, de menacer la sécurité nationale. Sur place, un manifestant a également lancé un appel au Président de la République, demandant la suspension immédiate de tout projet d’accueil de migrants. Il a insisté sur le fait que « le pays n’appartient pas à un individu », réaffirmant le rejet de cette initiative par une partie des protestataires. La manifestation a été marquée par des actes de vandalisme, notamment l’incendie de pneus et le blocage de certaines routes. ______________Filbert Ngoy
Mines sous tension: Le déploiement de 20 000 agents entre promesse de sécurisation et risque de nouvelles dérives en RDC
Dans les zones minières en RDC, la relation entre exploitants, populations locales et forces de sécurité n’a jamais été apaisée. Depuis des années, les sites miniers, notamment artisanaux sont le théâtre de tensions récurrentes entre civils et militaires, souvent marquées par des tracasseries, des abus et parfois des affrontements meurtriers. Dans ce contexte, l’annonce par les autorités du déploiement de plus de 20 000 agents dans les zones minières d’ici 2028 croise des réactions contrastées. Présentée comme une réforme majeure visant à assainir et sécuriser le secteur extractif, cette initiative intervient dans un environnement déjà fragile, où la question de la gouvernance sécuritaire reste entière. Sur le terrain, de nombreux exploitants dénoncent une présence militaire perçue comme intrusive et parfois prédatrice. Les accusations de perception illégale de taxes, d’interventions arbitraires ou de violences ne sont pas nouvelles. Dans plusieurs zones, la confusion entre les missions des différents services de sécurité a contribué à brouiller les repères. La police des mines, censée jouer un rôle central dans l’encadrement des activités minières, apparaît aujourd’hui en retrait, voire marginalisée dans certaines zones. Ce vide opérationnel a favorisé l’émergence de pratiques informelles et de rapports de force souvent défavorables aux exploitants locaux.Face à ces dérives, les autorités congolaises, à travers l’Inspection générale des mines a annoncé un vaste programme de sécurisation du secteur. Le plan prévoit : Le recrutement de plus de 20 000 agents d’ici 2028, un premier contingent de 2 500 à 3 000 agents déployés dans les 22 provinces, une formation prévue entre juin et décembre 2026, un déploiement progressif à partir de décembre 2026. L’objectif affiché est de renforcer le contrôle de la chaîne minière, de lutter contre les trafics illicites et d’améliorer la traçabilité des minerais. Sur le terrain, les réactions oscillent entre espoir et scepticisme. Certains acteurs du secteur estiment que ce dispositif pourrait : Rétablir l’ordre dans les zones minières, limiter les interférences illégales, sécuriser les opérations d’exploitation et de transport. Mais d’autres redoutent une reproduction des pratiques dénoncées notamment : La multiplication des intervenants sécuritaires, l’augmentation des contrôles informels, la pression accrue sur les exploitants artisanaux. Pour ces derniers, la question n’est pas seulement celle du nombre d’agents, mais de leur comportement et du cadre dans lequel ils vont opérer. L’un des points les plus sensibles concerne la place de la police des mines dans ce nouveau dispositif. Théoriquement chargée de la sécurité et de la régulation des activités minières, cette unité spécialisée semble aujourd’hui reléguée au second plan dans certaines zones. Avec l’arrivée d’une nouvelle force à caractère paramilitaire, plusieurs interrogations demeurent : S’agit-il d’un renforcement ou d’un remplacement de la police des mines ? Comment éviter les chevauchements de compétences ? Quels mécanismes de contrôle seront mis en place pour prévenir les abus ? Sans clarification, le risque est de renforcer la confusion déjà observée sur le terrain. Au-delà de la question sécuritaire, cette réforme pose celle de la gouvernance du secteur minier. Dans un pays comme la RDC où les ressources naturelles représentent un pilier économique majeur, la capacité de l’État à encadrer efficacement leur exploitation est déterminante. Le succès de cette initiative dépendra de plusieurs facteurs : La discipline et la formation des agents déployés, la clarté des missions assignées aux différentes forces, la mise en place de mécanismes de contrôle et de redevabilité. Il est vrai que Le déploiement de 20 000 agents dans les zones minières marque une volonté affirmée des autorités de reprendre le contrôle du secteur. Mais dans ce climat déjà marqué par les tensions entre militaires et civils, cette réforme constitue un pari délicat. Elle pourrait être un tournant vers une meilleure gouvernance… ou, à l’inverse, accentuer les dérives si elle n’est pas rigoureusement encadrée. Pour les exploitants miniers, une certitude s’impose : La sécurisation du secteur ne va pas se mesurer au nombre d’agents déployés, mais à leur capacité à restaurer la confiance sur le terrain.___________________Trésor Kasamba
Lubumbashi : Plusieurs morts dans un accident tragique au marché Mimbulu
Un grave accident de la circulation a secoué le quartier Gécamines, à Lubumbashi, tôt ce lundi matin. Un poids lourd, transportant des marchandises, a fauché plusieurs vendeurs aux abords du marché Mimbulu, causant d’importantes pertes en vies humaines. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, un camion de marque Refrigera, immatriculé 4342AT/05, transportait une cargaison de marchandises lorsqu’il a brusquement quitté sa trajectoire. Le véhicule a fini sa course folle sur le trottoir, là où des vendeurs informels s’installent quotidiennement pour exercer leurs activités de commerce. L’impact n’a laissé que peu de chances aux victimes présentes sur le bas-côté. Des étals ont été broyés et la scène, d’une grande violence, a rapidement attiré une foule de riverains et de passants venus porter secours aux survivants. Si les enquêtes de la police de circulation routière (PCR) doivent encore déterminer les responsabilités exactes, les premières indications pointent vers une panne technique majeure. Le chauffeur aurait perdu le contrôle de l’engin, incapable de freiner ou de maintenir le véhicule sur la chaussée. Le bilan humain s’annonce lourd. Bien que des sources hospitalières et des témoins oculaires fassent état de plusieurs décès sur le coup, les autorités urbaines ne se sont pas encore prononcées officiellement sur le nombre exact de victimes et de blessés. Ces derniers ont été évacués vers les centres de santé les plus proches pour des soins d’urgence. Ce nouvel accident relance une fois de plus le débat sur la sécurité des marchés dits pirates le long des artères principales et sur l’état mécanique des véhicules de transport de marchandises circulant dans le Haut-Katanga. ________________Daniel FARAY
Élections 2028 en RDC : Entre blocages budgétaires et révision constitutionnelle, l’opposant Tshivuadi alerte sur une dérive dictatoriale
Le spectre d’un glissement électoral en 2028 se précise en République Démocratique du Congo. Alors que les signaux d’alarme s’accumulent du côté de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), le débat politique s’enflamme autour d’un possible changement de Constitution. Pour l’opposant Tshivuadi Mukwalukusa, le régime prépare un hold-up démocratique. La CENI dans l’impasse : Un tableau sombre Le dernier rapport annuel de la centrale électorale est sans appel. La tenue du scrutin de 2028 est aujourd’hui hypothéquée par des obstacles logistiques et financiers majeurs. Entre un financement public plafonnant à moins de 50 %, la destruction massive de matériels lors de l’incendie de novembre 2025 et l’insécurité chronique dans l’Est du pays, la CENI semble désarmée. À cela s’ajoutent des pillages récents dans 18 provinces, fragilisant davantage une logistique déjà précaire. Vers un changement de Constitution ? Dans la majorité, le ton change. Interrogé sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Isaac Tshilumbayi, a jeté un pavé dans la mare. Selon lui, les élections de 2028 ne sont plus à l’ordre du jour, justifiant cela par la nécessité de réviser la Constitution pour remédier au dysfonctionnement des institutions provinciales. L’analyse incisive de Tshivuadi Mukwalukusa Face à ces velléités, la rédaction de Gouverne.com a recueilli l’analyse de Tshivuadi Mukwalukusa, président du Forum pour la Gouvernance Démocratique Réelle (FGDR), un laboratoire d’analyses politiques. Sa lecture de la crise est radicale : « La Constitution n’est qu’un texte, ce sont les hommes qui l’appliquent », tranche-t-il d’emblée. Pour cet opposant, le problème ne réside pas dans la loi fondamentale, mais dans le régime en place qu’il accuse d’ingérences intempestives, citant notamment les tensions entre Kinshasa et le Haut-Katanga. Tshivuadi Mukwalukusa ne croit pas à l’argument de l’impossibilité logistique. Pour lui, il s’agit d’un manque de volonté politique délibéré : « Le régime n’a aucune volonté de voir les élections se tenir en 2028. Le bilan est négatif, et les élections constituent désormais un danger pour eux ». L’opposant prévient que l’opposition, bien que martyrisée et humiliée , saura faire front. Il brandit notamment la menace d’une mobilisation populaire : « Une fois unie, l’opposition fera parler la rue », ponctue-t-il. Tshivuadi Mukwalukusa met en garde contre les conséquences d’un report sine die des scrutins : « Si le pouvoir n’organise pas les élections dans les délais, il signera la partition du pays. C’est un crime que les Congolais ne pardonneront jamais ». Pourtant, l’histoire récente montre que les défis sécuritaires n’empêchent pas toujours le vote. En 2018, malgré une perte de contrôle administratif dans plusieurs zones locales, l’État congolais avait réussi à organiser les élections sur la quasi-totalité du territoire. Huit ans plus tard, l’argument sécuritaire suffira-t-il à justifier un report ? La bataille politique ne fait que commencer, prévient cet acteur politique. ________________Filbert Kipasu