Le lancement de la campagne « le 3ème mandat est périmé » par l’activiste des droits de l’homme Jean-Claude Katende soulève une vague d’inquiétudes au sein de l’opinion. Entre mises en garde de ses proches et constat d’un rétrécissement de l’espace civique, le président de l’ASADHO peint un tableau sombre de la liberté d’expression sous le régime actuel. Depuis qu’il a pris position publiquement contre l’éventualité d’une nouvelle prorogation du mandat présidentiel, Jean-Claude Katende dit faire face à un déferlement de messages d’alerte. Ce qui frappe l’acteur de la société civile, ce n’est pas tant la menace elle-même, mais la terreur que le système semble inspirer aux citoyens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, dit-il sur son compte X. Faisant preuve d’une franchise déconcertante, il relate l’ambiance qui entoure son initiative : « Depuis que j’ai annoncé la campagne le 3ème mandat est périmé, je reçois des appels des compatriotes qui sont au pays tout comme à l’étranger qui ont très peur pour moi : Fais attention, on va te tuer. Fais attention, on va t’arrêter », écrit-il. Pour Jean-Claude Katende, cette réaction viscérale de ses compatriotes est le symptôme d’un mal plus profond : L’érosion des acquis démocratiques. Celui qui a connu plusieurs cycles politiques en RDC avoue sa stupéfaction devant le climat actuel. « Avant cette annonce, je ne pouvais jamais m’imaginer que les compatriotes avaient si peur du régime du Président Tshisekedi. Je n’en reviens pas. Il y a vraiment un recul démocratique dans le pays. Un État où les citoyens pouvaient s’exprimer librement sur les questions d’intérêt national, sans craindre des représailles, disparaît au jour le jour. C’est très dommage », déplore l’activiste. En dénonçant ce qu’il qualifie de recul, Katende pointe du doigt la fragilité des libertés publiques, alors que la Constitution de 2006, issue d’un large consensus, semble être à nouveau au cœur de toutes les convoitises politiques. Pour de nombreux observateurs, le témoignage de Jean-Claude Katende sonne comme un avertissement, lorsque la peur remplace le débat d’idées, c’est la santé même de la nation qui est mise en péril. _______________La Rédaction
Tragédie au marché Mimbulu : L’imprudence d’un chauffeur de poids lourd coûte la vie à 4 personnes à Lubumbashi
Un accident d’une rare violence a endeuillé le quartier Gécamines le lundi 27 avril 2026. Un camion en provenance de Kasumbalesa a fini sa course sur les étals du marché Mimbulu, causant la mort de quatre personnes et faisant sept blessés graves. En cause, l’usage du téléphone au volant. Dans sa course folle, le véhicule a fauché plusieurs vendeurs qui occupaient le bord de la chaussée, avant d’être stoppé par un arbre dans l’enceinte de la paroisse Béthanie de l’Église Méthodiste Unie. Le bilan officiel, communiqué par les autorités locales, fait état de quatre décès immédiats et de sept blessés, dont certains se trouvent dans un état critique. Interpellé par la Police de Circulation Routière (PCR), le conducteur du camion a rapidement été confronté à ses responsabilités. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme a reconnu avoir été distrait par son téléphone portable au moment où il a perdu le contrôle de son véhicule. Cet aveu souligne une fois de plus le danger mortel du non-respect des règles de sécurité routière. Le ministre provincial des Transports, Georges Babunyi, s’est rendu au chevet des victimes dans les différentes structures sanitaires de la ville. Tout en exprimant la compassion du gouvernement provincial, le ministre a dû faire face à l’émoi de la population. Ce drame ravive un double débat crucial pour l’urbanisme de Lubumbashi : Le contrôle technique des véhicules lourds et la vigilance des chauffeurs sur l’axe Kasumbalesa-Lubumbashi ainsi que la problématique des marchés informels qui s’étendent dangereusement sur les accotements, exposant les vendeurs au moindre écart de conduite. Alors que les familles pleurent leurs morts, cet accident sonne comme un énième avertissement pour les autorités, la libération des emprises routières n’est plus seulement une question d’esthétique urbaine, mais une urgence vitale. ________________Daniel FARAY
Réforme constitutionnelle en RDC : Un débat qui déchire les politiques
La question du changement de la Constitution continue de diviser la classe politique en RDC, un pays déjà profondément marqué par les conflits armés. L’appel à la collecte des propositions, lancé le lundi 20 avril par l’Union sacrée de la Nation (USN) en vue d’une éventuelle réforme constitutionnelle, a ravivé les tensions et relancé le débat. Face à l’urgence sociale et sécuritaire à laquelle le pays est confronté, les critiques naissent de partout au sein de l’opposition et de la société civile. Dès le mardi 21 avril, plusieurs voix se sont élevées pour qualifier cette initiative de manœuvre de diversion. Pour la plateforme Lamuka, cette démarche s’inscrit dans la même logique que l’agression attribuée au M23. « Autant le peuple a condamné la rébellion de l’AFC/M23, autant il condamne la rébellion de l’Union sacrée contre la Constitution », a déclaré Prince Epenge, porte parole de Lamuka. Selon lui, la révision de la Constitution ne constitue en rien la priorité de la population. Il a néanmoins énuméré les défis urgents qui devraient, d’après lui, faire l’objet de véritables consultations, notamment: La précarité sociale, la crise humanitaire, l’emploi et la sécurité. Du côté de la société civile, Jean-Claude Katende estime également que le processus de collecte des contributions n’est qu’une « distraction ». « Ils ont déjà dans leur poche une Constitution confectionnée à la taille du président Félix Tshisekedi », a-t-il affirmé sur son compte X. Cependant, face aux multiples interprétations suscitées par la publication du communiqué relatif aux propositions de réforme constitutionnelle, le secrétariat de l’Union sacrée est intervenu dans un second communiqué daté du 21 avril. Il a clarifié sa position, affirmant avoir simplement relayé les demandes de réforme exprimées par la population, sans adopter de position officielle. Toutefois, l’Union Sacrée de la Nation a appelé à l’unité, et dénonce les tentatives de manipulation et de désinformation. ________________Junior Numbi
Lubumbashi : L’inquiétante mutation du phénomène Kuluna au cœur de la ville
De la barrière nocturne illégale à l’improvisation en agents de circulation, les jeunes en situation de rue imposent désormais leur loi dans les artères de la capitale cuprifère, illustrant un vide sécuritaire préoccupant. Le climat sécuritaire se détériore dans la ville de Lubumbashi, où le phénomène Kuluna prend une ampleur inédite. Ce qui n’était autrefois qu’une délinquance de quartier se transforme aujourd’hui en une occupation audacieuse de l’espace public, sous le regard impuissant des usagers de la route. Le phénomène de la délinquance urbaine prend une tournure alarmante dans la capitale cuprifère. En l’espace de 24 heures, deux incidents distincts illustrent l’audace grandissante de ces jeunes en situation de rue. Le premier acte de cette montée en puissance s’est joué dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 avril 2026. À l’intersection des avenues Lumumba et Ndjamena, un groupe de jeunes désœuvrés a érigé une barrière de fortune en plein cœur du centre-ville. Le mode opératoire est sans équivoque, tout conducteur souhaitant franchir l’obstacle devait s’acquitter d’une taxe forcée. Cette scène de racket, filmée par des témoins et largement relayée sur les réseaux sociaux, témoigne d’une impunité croissante à des heures où la patrouille policière devrait être la plus active. Plus déconcertant encore, l’audace de ces jeunes a franchi un nouveau palier ce vendredi 17 avril, aux environs de 15 heures, alors qu’un embouteillage monstre paralysait le quartier Kabulameshi, un autre groupe de Kulunas s’est improvisé agents de la police de circulation routière (PCR). À l’angle des avenues Tshinyama et Panda, en l’absence totale d’officiers réguliers, ces jeunes ont pris le contrôle du flux migratoire des véhicules tout en exigeant de l’argent aux conducteurs. Si l’initiative a permis de fluidifier temporairement le trafic, elle soulève des questions de fond: L’absence de l’autorité de l’État , comment des carrefours stratégiques peuvent-ils rester sans surveillance aux heures de pointe ? Mais également la sécurité des conducteurs , le passage d’une régulation bénévole à une demande de pourboire agressive est souvent immédiat. Ces deux incidents, survenus en moins de 24 heures, soulignent l’urgence d’une réponse coordonnée des autorités urbaines et provinciales. Entre l’extorsion nocturne et la gestion sauvage du trafic diurne, la frontière entre assistance et délinquance devient de plus en plus poreuse, plongeant les Lushois dans une incertitude quotidienne. La population attend désormais des mesures concrètes pour que la rue soit restituée à l’ordre public et non aux mains de groupes incontrôlés. ________________Daniel FARAY
Fin du dollar en RDC : Réforme nécessaire ou pari risqué ?
La décision de la Banque centrale d’interdire les transactions en espèces en devises étrangères à partir d’avril 2027 marque un tournant historique pour la République démocratique du Congo. À travers cette mesure, les autorités entendent renforcer l’usage du franc congolais et reprendre le contrôle de son système monétaire largement dominé par le dollar américain. Depuis de nombreuses décennies, le dollar s’est imposé comme la principale monnaie de change dans le pays. Dans les marchés, les loyers, le commerce ou encore les services, il est souvent préféré au franc congolais, jugé instable et vulnérable à l’inflation. Cette dépendance traduit avant tout une perte de confiance durable dans la monnaie nationale. Face à cette réalité, la Banque centrale cherche aujourd’hui à inverser la tendance. L’objectif est clair : Restaurer la souveraineté monétaire, renforcer le rôle du franc congolais dans l’économie et améliorer la régulation financière. Sur le plan théorique, cette orientation apparaît légitime. Aucun pays ne peut durablement construire une économie solide en s’appuyant sur une monnaie étrangère pour ses transactions internes. Cependant, la réussite d’une telle réforme dépendra de multiples conditions. La première concerne la capacité du système bancaire à accompagner cette transition. Nous le savons, en RDC, une grande partie de la population n’a pas accès aux services bancaires, notamment dans les zones rurales. Sans inclusion financière, l’interdiction du dollar en espèces pourrait compliquer davantage les échanges au lieu de les faciliter. La question de la disponibilité du franc congolais est également centrale. Pour remplacer efficacement le dollar dans les transactions quotidiennes, il faudra produire et distribuer une quantité suffisante de billets sur l’ensemble du territoire. Or, des doutes persistent quant à la capacité logistique et technique à répondre à cette demande dans des délais aussi courts. Un autre défi concerne la structure même des coupures. Dans plusieurs régions, les billets de faible valeur comme 50, 100 ou 200 francs sont déjà délaissés en raison de leur faible pouvoir d’achat. Sans adaptation des coupures ou stabilisation de la monnaie, les petites transactions pourraient devenir problématiques. Mais au-delà des aspects techniques, c’est la question de la confiance qui reste déterminante. Les habitudes économiques ne changent pas par décret. Les congolais ont appris à se protéger contre l’instabilité en utilisant le dollar. Si le franc congolais ne devient pas plus stable et crédible, cette réforme risque d’encourager l’émergence de circuits informels ou d’un marché parallèle des devises. Dans ce cadre précis, la dédollarisation apparaît comme une réforme nécessaire, mais délicate. Elle ne peut réussir sans une approche progressive, accompagnée de mesures concrètes : Stabilisation macroéconomique, renforcement du système bancaire, modernisation des moyens de paiement et sensibilisation de la population. Qu’on se le dise, interdire le dollar en espèces ne suffira pas à lui seul à rétablir la place du franc congolais. La véritable réussite de cette politique dépendra de la capacité des autorités à restaurer la confiance dans la monnaie nationale. Sans cela, le risque est grand de voir la réforme produire des effets contraires à ceux recherchés. La RDC se trouve ainsi à la croisée des chemins : Transformer son système monétaire en profondeur ou s’exposer à une transition difficile aux conséquences incertaines. Dossier à suivre…__________________Trésor Kasamba
Gestion de la redevance minière dans les ETD: Pourquoi l’annonce du contrôle parlementaire suscite la polémique dans le Haut-Katanga ?
L’annonce d’un contrôle parlementaire sur les fonds miniers destinés aux communes et chefferies fait polémique. Pour l’expert Jeff Mbiya, les députés provinciaux sortent de leur champ de compétence en s’immisçant dans la gestion financière des Entités Territoriales Décentralisées (ETD). Lors de l’ouverture de la session de mars 2026, le président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, Michel Kabwe, a annoncé un contrôle rigoureux sur la gestion de la redevance minière reversée aux ETD. Si l’intention semble louable, elle se heurte à une réalité juridique implacable selon Jeff Mbiya, expert en gouvernance locale. Interrogé par nos confrères de Top Congo FM, ce dernier est catégorique : « Cette démarche outrepasse les compétences de l’organe délibérant. Le cadre légal est pourtant clair, la gestion et le contrôle de ces fonds relèvent exclusivement des conseils municipaux », explique-t-il, s’appuyant sur les dispositions du Code minier révisé. L’analyse de Jeff Mbiya repose sur une lecture stricte des textes en vigueur. Il rappelle que l’article 3 du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale limite le pouvoir de contrôle des députés au seul gouvernement provincial et aux services publics provinciaux; « Les ETD sont dotées d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière. Le décret du 26 août 2023, fixant la répartition des revenus miniers, confirme cette démarcation nette des responsabilités », souligne l’expert. En clair, un député provincial n’a pas vocation à se substituer à un conseiller municipal pour auditer les caisses d’une commune. Pour Jeff Mbiya, cette immixtion est le symptôme d’un mal plus profond : La résistance à la décentralisation. En voulant contrôler les ressources à la base, l’Assemblée provinciale freine l’autonomie des entités locales reconnue par la loi organique de 2008; « Depuis plus de dix ans, les ETD ne bénéficient pas pleinement de la rétrocession des fonds qui leur sont dus. L’Assemblée provinciale devrait plutôt se concentrer sur le contrôle de la part revenant à la province et exiger une meilleure redistribution en faveur des communautés locales », suggère-t-il. Au-delà de la polémique juridique, cette situation rappelle l’urgence de rendre la décentralisation effective dans le Haut-Katanga et partout en République Démocratique du Congo, selon certains analystes. Daniel Faray
Lubumbashi : Les épreuves quotidiennes de la route RVA
Les premières pluies qui s’abattent à Lubumbashi affectent déjà certaines infrastructures. C’est le cas de la route RVA située entre les communes Ruashi et Kampemba. Sur cette artère, certains passagers préfèrent marcher pour éviter de trébucher avec la moto ou le tricycle, l’un des moyens de transport le plus commode de cet axe. Nous sommes sur la route RVA. Son état de délabrement est avancé. Difficile de voir un seul mini-bus ou taxi sur cette route qui est à quelques encablures de l’aéroport international de la Luano. Les chauffeurs de ces engins redoutent des pannes à répétition. Martin Shisenge trouvé devant sa pharmacie, exprime son regret : « C’est quand même une grande route dont l’intérêt est communautaire voire nationale. L’aéroport est dans nos murs, mais on ne sait pas pourquoi cet axe n’est pas réhabilité » a-t-il déploré avant de révéler qu’un hôpital moderne était en pleine construction dans leur coin. « Un hôpital contenant une morgue est presque fini ici. Mais je pense que l’état de cette route pourrait retarder son inauguration » a lâché cet habitant. Pour les motocyclistes, exercer leurs activités sur la route RVA est un véritable gagne pain pour eux. Ils y travaillent à plein régime, de 06h jusqu’au soir. Selon eux, deux personnes de sexe opposés peuvent monter sur une même moto sans condition. Une situation que beaucoup trouverait normale en l’absence des voitures et au regard du long trajet et de l’état précaire de cette route. La réhabilitation de cette artère faciliterait l’entrée à Lubumbashi des produits agricoles en provenance de Kasenga. Alfred MWEHU
Lubumbashi: Autochtonie ou compétence, la gestion de la ville prise au piège
En RDC, Lubumbashi capitale économique, est au cœur d’une crise institutionnelle qui expose les tensions entre l’impératif de la compétence administrative et les revendications de l’autochtonie. Depuis plusieurs mois, le différend entre Patrick Kafwimbi et Joyce Tunda Kazadi, tous deux membres de la majorité au pouvoir, a transformé l’administration locale en une arène médiatique et politique. Les enjeux vont au-delà des conflits administratifs jusqu’à toucher au droit de sol. Pendant ce temps, Lubumbashi fait face à des défis colossaux, entre autre, l’insalubrité chronique, l’insécurité grandissante et l’anarchie des marchés. Pourtant, lors de la nomination du gestionnaire de cette ville stratégique, le débat public s’est focalisé non pas sur l’expérience, le bilan ou les propositions de solutions, mais plutôt sur l’origine territoriale du responsable. Le vendredi 24 octobre dernier , le remplacement de Patrick Kafwimbi par Joyce Tunda Kazadi a provoqué une vague de contestations. L’association socioculturelle Sempya a notamment exprimé son désaccord, menant même à l’interpellation de son Président, Michel Kalwa. Face à cette préoccupation identitaire, des voix s’élèvent pour privilégier l’efficacité. Le Professeur Maurice Banza, politologue, soutient que le développement d’une entité dépend avant tout de la compétence et de la bonne gouvernance. » Le plus important, c’est la compétence. Or, dans la gestion publique, vous avez un gestionnaire compétent, c’est-à-dire celui qui trouve, à l’heure qu’il faut, des solutions aux problèmes auxquels la population est confrontée, que l’on soit autochtone ou pas. Dès lors qu’il y a satisfaction face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés, autochtones ou non autochtones, tout le monde se retrouve dans la gestion. Malheureusement, cette situation s’explique par la culture politique à laquelle nous sommes assujettis. Et nous l’avons toujours dit à haute voix : c’est une culture politique qu’on appelle paroissiale qui fait des individus prisonniers de leur appartenance culturelle et sociale » a-t-il déploré. Cette crise institutionnelle, qui paralyse l’action urbaine, révèle une faille dans le système de désignation des responsables locaux, estiment d’aucuns. D’où l’appel à l’organisation rapide d’élections locales pour conférer une légitimité démocratique aux dirigeants. Entretemps, les problèmes d’insalubrité et d’insécurité continuent de s’accumuler, illustrant le véritable coût de cette paralysie institutionnelle. Daniel FARAY
Une exposition qui retrace le parcours de Mobutu: Les signes évidents d’une réhabilitation du dictateur
Du 16 au 30 octobre 2025, le musée national de Kinshasa attire l’attention sur ce qui est resté de l’ancien président du Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko. Une exposition des photos et des vidéos retrace la vie et le parcours de cet ancien chef de l’État, une initiative de sa famille biologique qui a même captivé l’intérêt du président Félix Tshisekedi. « Mobutu une vie, un destin », une thématique d’une exposition qui retrace le passé oublié de l’homme fort qui a régné sans partage 32 ans durant. Si la mémoire collective pouvait résolument renvoyer l’héritage du dictateur dans un lointain passé qu’il fallait carrément enterré au lendemain de la prise du pouvoir par Laurent Désiré Kabila, aujourd’hui sous Félix Tshisekedi, les signes d’une réhabilitation de l’image de Mobutu Seseko semblent évidents. Ceci remet sur la table des réflexions, la pérennité des symboles de notre histoire, souvent en conflit avec les régimes qui se succèdent. Nous avons rencontré l’historien Marcelin Mukembe qui insiste sur l’importance de préserver l’histoire du pays en toutes circonstances. Pour cet historien, le devoir de garder intacts les chapitres même les plus douloureux de notre passé incombe aux acteurs politiques. Tous les niveaux des responsabilités devront donc être impliqués dans ce challenge, pour que rien de l’histoire de la RDC ne soit oublié à dessein. #GO
Lubumbashi : Enfants en rupture familiale, un phénomène qui s’enracine
Après plusieurs opérations menées par les autorités compétentes pour mettre fin à la présence des enfants en rupture familiale, Lubumbashi fait face à une présence accrue de ces jeunes qui, parfois sont accusés d’être à la base de l’insécurité urbaine. Des enfants dont un nombre important a été amené à Lukuni, un centre de réintégrâtion sociale situé à une quarantaine de kilomètres de la ville. Malheureusement, ces jeunes ont fui ce pensionnat quelques temps après. Rencontré au centre-ville au niveau de la devanture du Complexe Scolaire Imara, Emma est l’un de ceux qui sont partis du Centre Lukuni. « Nous ne mangions pas assez bien. Nous ne mangions que le soir. Et c’était insuffisant. J’y étais en 2023 et en 2024, rien de spécial. Je préfère rester ici où je nettoie des véhicules et je me fais de l’argent pour survivre » a-t-il révélé avant d’être soutenu par son ami Judé, natif de la ville de Kolwezi, province du Lualaba: « Après le décès de mon père, j’ai aménagé chez mon grand frère. Nous vivions paisiblement jusqu’à ce que sa femme arrive. Celle-ci commençait à m’imposer des travaux ménagers lourds. C’est ainsi que j’ai dû claquer la porte » , a témoigné ce jeune dont l’âge varie entre 16 et 17 ans. Accusés d’être à la base de la souffrance de ces enfants à cause de leurs prophéties, Timothée Malela, prophète, est l’un des hommes Dieu qui jettent l’opprobre sur ceux d’entre eux qui n’ont pas eu la vocation. « À l’origine une prophétie n’est pas faite pour diviser. Elle avise, vivifie et unit. Seuls les prophètes qui n’ont pas reçu de vision » peuvent causer cette calamité a déploré ce serviteur de Dieu. Plusieurs opérations visant à intégrer ces enfants dans la société ont été menées par les autorités et les particuliers, mais ces jeunes enfants sont toujours visibles et ne désemplissent pas les artères de Lubumbashi. Alfred MWEHU