Sous l’impulsion des autorités provinciales, le Tribunal militaire de la garnison de Lubumbashi a lancé depuis jeudi 23 avril 2026 une audience foraine d’envergure. Dans le box des accusés, 65 jeunes poursuivis pour terrorisme et association de malfaiteurs, illustrant la nouvelle ligne de tolérance zéro contre l’insécurité urbaine. C’est dans l’enceinte du stade Kibassa Maliba, au cœur de la commune de la Kenya, que le ton a été donné. Le choix de ce lieu n’est pas anodin, il s’agit du théâtre même des violences et des extorsions qui ont secoué la population ces dernières semaines. En délocalisant le tribunal hors de ses murs habituels, la justice militaire entend marquer les esprits et restaurer la confiance des citoyens. Le Gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula, accompagné de son Ministre provincial de l’Intérieur, Jean-Jacques Kashiba Tambo, a personnellement assisté à l’ouverture de cette audience. Pour l’autorité provinciale, l’objectif est clair, mettre fin à l’impunité des jeunes qui utilisent l’étiquette des partis politiques pour terroriser les civils. Le dossier est massif. Sur les 65 prévenus recensés, 32 ont été formellement identifiés lors de cette première journée d’audience. Les chefs d’accusation retenus par le ministère public sont particulièrement sévères : Terrorisme ; Association de malfaiteurs ; Extorsion et actes de violence ciblés. Le tribunal cherche à démontrer que ces individus, souvent instrumentalisés, ont instauré un climat de terreur sous couvert de militantisme politique, s’attaquant systématiquement aux biens et à l’intégrité physique de la paisible population. Au-delà du verdict attendu, ce procès se veut un outil de dissuasion. En exposant les prévenus publiquement, les autorités espèrent briser le cycle de recrutement des gangs urbains. « Plus rien ne sera comme avant », martèle l’entourage du Gouverneur, rappelant que l’État de droit, prôné par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, doit s’appliquer avec la plus grande rigueur. L’audience a été consacrée à l’identification rigoureuse des suspects, une étape cruciale avant d’entamer les débats de fond. Dans les gradins, une foule compacte observe, entre soulagement et attente de justice, l’évolution de ce dossier qui pourrait faire jurisprudence dans la lutte contre la délinquance des jeunes de certains partis politiques dans le Haut-Katanga. ________________Daniel FARAY
Lubumbashi : Dany Banza dénonce une tentative d’assassinat et offre 100 000 $ pour la capture des assaillants
Quelques heures après l’assaut violent qui a visé sa propriété au quartier Golf Le Battant, l’ancien ambassadeur itinérant du Chef de l’État sort du silence. Entre condamnation ferme et moyens radicaux, Dany Banza pointe du doigt une opération ciblée et appelle à la mobilisation générale pour identifier les auteurs. L’insécurité a franchi un nouveau palier à Lubumbashi. Selon les déclarations de Dany Banza, l’incursion armée survenue dans la nuit de jeudi à vendredi ne serait pas un incident isolé ou un simple acte de banditisme urbain. En plus de sa propre résidence, le domicile de l’un de ses proches collaborateurs a également été pris pour cible, suggérant une opération coordonnée et planifiée. Qualifiant l’incident de tentative d’assassinat ciblée, l’ancien diplomate souligne la gravité de la menace qui pèse sur sa sécurité et celle de son entourage immédiat. Pour rappel, des échanges des tirs nourris avaient opposé ses gardes privés aux assaillants avant l’intervention de la police vers minuit. Face à l’absence de revendication et dans l’attente des conclusions de l’enquête officielle, Dany Banza a décidé de frapper fort. Dans un geste rare en République Démocratique du Congo, il promet une récompense de 100 000 dollars américains à toute personne capable de fournir des informations crédibles et vérifiables permettant de remonter jusqu’aux commanditaires ou aux exécutants de cette attaque, « Je dénonce avec la plus grande fermeté l’attaque barbare et ciblée, perpétrée contre ma résidence à Lubumbashi, ainsi que celle, coordonnée, visant la demeure de l’un de mes collaborateurs. Je condamne cette tentative d’assassinat et annonce une prime de 100 000 USD pour toute information fiable permettant aux services de sécurité d’identifier et d’appréhender les assaillants », a-t-il lancé sur son compte X. Alors que la psychose gagne le quartier résidentiel du Golf, le silence des autorités policières et provinciales commence à susciter des interrogations. Bien que l’intervention de la police ait permis de sécuriser les lieux tard dans la nuit, aucune communication officielle n’a encore été faite sur l’identité des assaillants, dont certains se seraient volatilisés dans la nature. Cette double attaque, visant une figure politique majeure de l’espace Grand Katanga, relance une fois de plus le débat sur la sécurisation des personnalités publiques et la recrudescence de la criminalité armée dans la capitale cuprifère. ________________Daniel FARAY
Lubumbashi : Échange des tirs lors d’une attaque contre la résidence de Dany Banza
À Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga, la résidence de Dany Banza, ancien ambassadeur itinérant du Chef de l’État pour l’espace Katanga, a été la cible d’une attaque menée par des hommes armés dans la nuit du jeudi au vendredi. Les faits se sont déroulés au quartier Golf Le Battant, non loin de Riverside. Selon des sources proches du dossier, les premiers coups de feu ont retenti aux alentours de 23 heures à l’entrée de la propriété.L’assaut a donné lieu à un affrontement direct entre les gardes chargés de la sécurité de la résidence et les assaillants. « Dany Banza était absent au moment des faits. La police est intervenue vers minuit pour rétablir le calme », a précisé une source contactée par draft.gouverne.info/. À ce stade, les autorités policières n’ont pas encore communiqué officiellement sur le bilan ou l’identité des auteurs de cette attaque. _______________La Rédaction
RDC: La tension autour des migrants expulsés des États-Unis
Depuis l’arrivée des migrants expulsés des États-Unis à Kinshasa, capitale de la RDC, les voix tant de l’opposition que de la société civile continuent de se faire entendre. Face à cette présence jugée comme une menace, le parti politique Alternative 2028 a organisé, ce vendredi 24 avril, un sit-in devant l’ambassade des États-Unis en RDC. Dans un communiqué publié le 21 avril et adressé aux autorités compétentes pour encadrer cette action, le secrétaire général de ce parti, Richard Omanyondo, a donné la quintessence de leur manifestation : Dire non à l’arrivée des migrants en RDC, tout en déposant un mémorandum au chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis d’Amérique en RDC, suivi de la lecture dudit mémorandum. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du respect des articles 22, 23, 25 et 26 de la Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, qui prônent la liberté de manifestation. Toutefois, la présence des migrants en RDC relève de l’application d’un accord bilatéral entre les États-Unis et la RDC, un accord jugé opaque par plusieurs partis d’opposition et la société civile. « A chaque fois que la RDC montre son hospitalité, elle est en difficulté. La situation à l’Est du pays en est une preuve. Nous avons montré notre hospitalité en accueillant les réfugiés rwandais issus de la guerre entre Hutus et Tutsis. Plus tard, ils sont devenus une source de conflit, tandis que nos propres populations sont déplacées à tout moment et que des femmes sont violées », déplore un activiste sous anonymat. Par ailleurs, la RDC serait en attente, dans les jours à venir, d’accueillir un deuxième groupe composé de 1 100 ressortissants afghans, sans compter leurs enfants. L’histoire de l’Est pourrait-elle se répéter ? Dossier à suivre. ________________Junior Numbi
Corridor de Lobito : La modernisation ferroviaire au cœur d’une stratégie de connectivité durable en RDC
La modernisation du Corridor de Lobito peut constituer un levier majeur pour une connectivité durable et inclusive en République Démocratique du Congo, tant au niveau national que régional. Cette problématique a été au centre d’un panel stratégique auquel a pris part le Directeur général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), Fabien Mutomb. Lors des échanges, le responsable a insisté sur le rôle central du rail dans la valorisation des ressources naturelles du pays, notamment le cuivre, le cobalt et le zinc, « Sans chemin de fer dans un pays comme le nôtre, on ne peut pas parler de développement », a-t-il affirmé, soulignant que les richesses de la RDC restent largement inexploitées faute d’infrastructures de transport efficaces.Avec un réseau ferroviaire de 3 641 kilomètres reliant à la fois l’océan Atlantique et l’océan Indien, la SNCC dispose d’un potentiel stratégique considérable. Toutefois, près de la moitié de ces infrastructures est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, limitant fortement les capacités logistiques du pays. Le Directeur général a rappelé que la modernisation du rail exige des investissements massifs, estimés en milliards de dollars. À titre de comparaison, l’Angola a investi près de 3 milliards de dollars pour moderniser son réseau ferroviaire, doté de rails plus performants (54 kg/m), contrairement à ceux de la RDC (29 kg/m), moins adaptés aux locomotives modernes. Malgré ces défis, la SNCC a amorcé des efforts de réhabilitation, notamment sur l’axe Kolwezi-Dilolo, segment clé du Corridor de Lobito. À ce jour, 19 kilomètres sur les 80 prévus ont été réhabilités. Par ailleurs, 8 800 tonnes de rails sont disponibles à Dilolo pour renforcer la section Divuma-Dilolo, ce qui devrait améliorer la vitesse commerciale et accroître les revenus liés au trafic ferroviaire. Au-delà des infrastructures, Fabien Mutomb plaide pour une approche régionale coordonnée, « On ne peut pas parler du chemin de fer si chaque pays reste dans son circuit fermé », a-t-il déclaré, appelant à la mise en place d’un cadre de coopération internationale pour optimiser les corridors de transport. Dans cette dynamique, la SNCC mise également sur des réformes internes, notamment la mise en place d’une redevance logistique destinée à financer la réhabilitation du réseau, ainsi que l’ouverture à des partenariats publics et privés. Ce modèle de collaboration permet à l’entreprise de conserver jusqu’à 60 % de participation dans certaines opérations. Le Directeur général a aussi insisté sur la nécessité de créer des synergies entre les différents corridors régionaux, y compris le corridor central reliant la Tanzanie, le Burundi et l’Ouganda, avec une connexion vers Kalemie en RDC. Il a rappelé la supériorité logistique du rail par rapport à la route expliquant qu’une locomotive peut transporter jusqu’à 1 000 tonnes en unité multiple, contre environ 30 tonnes pour un camion. Un argument clé pour repositionner le chemin de fer comme pilier du développement économique du pays.Dans ce contexte, la relance du transport ferroviaire apparaît comme une condition indispensable pour transformer le potentiel minier de la RDC en véritable moteur de croissance durable.__________________Trésor Kasamba
Lubumbashi : Mort suspecte d’un sexagénaire en détention, la famille et la CNDH réclament justice
Arrêté le 07 avril dernier au rond-point Kilobelobe, Muyaya Mukendi Amos, un coiffeur de 62 ans, est décédé moins de 24 heures après son interpellation. Entre allégations de violences policières, témoignages contradictoires et procédure judiciaire contestée, l’ombre d’une bavure plane sur les services de sécurité de la capitale cuprifère. Une arrestation aux circonstances troubles Le mardi 07 avril 2026, alors qu’il rentrait de son travail, Muyaya Mukendi Amos est interpellé par la police. Père de 11 enfants, l’homme parvient à joindre son frère, Kabeya Mukendi Théo, depuis son lieu de détention à la Brigade criminelle de recherche et de surveillance (BCRS) au centre-ville. Selon le témoignage de son frère, le défunt aurait utilisé le téléphone d’un magistrat nommé François pour signaler son arrestation, précisant au passage une réalité amère : « Il m’a confié que ceux qui avaient de l’argent sur place avaient déjà été libérés ». Ce premier contact avec un membre de sa famille depuis sa geôle sera le dernier sans le savoir. De la disparition au choc de la morgue Le lendemain, l’épouse du sexagénaire se rend au BCRS pour obtenir sa libération. On lui rétorque alors que son mari a été transféré à la prison de Kasapa. Pourtant, sur place, des bruits de couloir évoquent une toute autre destination : La morgue de l’hôpital Sendwe. Des témoins affirment qu’un détenu aurait succombé à des sévices durant la nuit. La macabre découverte est confirmée peu après. À la morgue de Sendwe, la famille découvre un corps portant des stigmates de violences extrêmes, visage tuméfié, œil gravement endommagé et traces de coups sur l’ensemble du corps. Une version officielle contestée Une instruction judiciaire est ouverte, mais les premières conclusions du parquet peinent à convaincre la partie lésée. Une audience foraine a été organisée contre un autre détenu, un mineur, accusé d’avoir porté les coups mortels. Une version rejetée en bloc par Kabeya Théo frère du regretté Muyaya Mukendi Amos : « On nous dit qu’un mineur, détenu là depuis deux mois, l’aurait tabassé. Nous n’y croyons pas. Un mineur n’a pas sa place dans ce cachot du parquet ». La CNDH monte au créneau Saisie par la famille, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a exprimé sa vive préoccupation. Joseph Kongolo, coordonnateur provincial de l’institution, exige une enquête impartiale. La CNDH demande l’identification de tous les responsables, directs ou indirects. L’institution réclame une action judiciaire contre le magistrat instructeur si le caractère arbitraire de l’arrestation est établi. Face à l’ultimatum de 10 jours imposé par la mairie de Lubumbashi pour l’évacuation de la morgue de Sendwe, la CNDH sollicite le transfert du corps vers une autre morgue pour permettre une expertise médicale fiable. L’affaire soulève la question de la responsabilité de l’État congolais. En vertu de l’article 258 du Code civil livre III, l’État est le garant de l’intégrité physique des personnes sous sa garde. Le ministère public est désormais tenu d’ordonner une autopsie pour lever le voile sur les causes réelles du décès, tandis que la famille, déjà constituée partie civile, attend réparation pour ce qui ressemble à une tragédie évitable. Au-delà de la tragédie qui frappe une famille de onze enfants, l’affaire Muyaya Mukendi Amos résonne comme un test pour la justice congolaise. Alors que les cris d’alarme contre les conditions de détention et les arrestations arbitraires se multiplient dans le Haut-Katanga, l’issue de cette enquête déterminera si le slogan de l’État de droit peut s’appliquer jusque dans l’ombre des cachots de la BCRS. Pour l’heure, le silence des autorités policières face aux accusations de torture laisse un goût amer aux défenseurs des droits humains, qui attendent de voir si la vérité sortira enfin de la morgue de Sendwe. ________________Daniel FARAY
Kolwezi: Les projecteurs s’allument sur la 7ème édition du Festival du cinéma du Lualaba
Action! C’est parti pour un rendez-vous du grand écran qui tiendra visiblement ses promesses, une 7ème édition du 7ème art pour des histoires inédites, un voyage qui va sûrement embarquer des nouveaux passionnés du cinéma dans la jeune province du Lualaba. Jeudi 23 avril 2026, les portes du Festival du Cinéma du Lualaba FESCILU se sont ouvertes à Kolwezi, dans la splendide salle de congrès du Chef-lieu du Lualaba. Un rendez-vous des frissons que patronne la gouverneure du Lualaba Fifi Masuka, qui va réunir durant 4 jours, soit du 23 au 26 avril les réalisateurs, les acteurs, les professionnels du cinéma et les cinéphiles. Le Festival du cinéma du Lualaba enfonce ses racines, et devient de plus en plus un événement de référence dans la capitale du cobalt, de quoi réjouir son coordonnateur, Doudou Maloba, qui salue l’accompagnement du gouvernement provincial du Lualaba, de la gouverneure de province Fifi Masuka, et des partenaires si minimes qu’ils soient et qui n’ont pas hésité de donner un coup de main pour qu’à Kolwezi soient jetés les fondements solides d’une industrie du cinéma, et que celui-ci soit moteur de développement de la sous-région. Les écrans ne seront pas les seuls à faire vibrer à cet événement, les organisateurs ont prévu des rencontres professionnelles, des ateliers, des défilés de mode, des expositions d’oeuvres d’art, et des animations culturelles pour que la fête soit belle et tienne sa parole. Cette 7ème édition du Festival du cinéma du Lualaba s’affiche comme une vitrine des talents locaux dans l’univers du 7ème art, qui vont se mesurer au savoir-faire des acteurs internationaux. _______________La Rédaction
RDC : L’Assemblée nationale va examiner la motion de défiance contre Jacquemain Shabani ce 27 avril
Malgré les pressions politiques et les controverses juridiques entourant la procédure, la Conférence des présidents de la Chambre basse a acté l’examen en plénière de la motion visant le Vice-Premier ministre de l’Intérieur. Le bras de fer entre une partie du législatif et le patron de la sécurité nationale entre dans sa phase décisive. Réunie ce jour, la conférence des présidents de l’Assemblée nationale a officiellement inscrit à l’ordre du jour de la plénière du lundi 27 avril la motion de défiance dirigée contre Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières. À l’origine de cette initiative, on retrouve le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani (Tshopo). Bien que membre de l’Union Sacrée (plateforme présidentielle), l’élu ne décolère pas. Déposée le 13 avril dernier, sa motion dresse un réquisitoire sévère contre le patron de la territoriale: Incompétence présumée face à la recrudescence de l’insécurité sur le territoire national ; Entrave au contrôle parlementaire et mépris de la séparation des pouvoirs ; Abus d’autorité à des fins de positionnement partisan. « Malgré les tentatives d’obstruction, nous avons estimé nécessaire que la plénière, souveraine, puisse se prononcer », a glissé sous couvert d’anonymat un membre du bureau de la Chambre basse. Si le rendez-vous est pris pour lundi, le chemin a été semé d’embûches. Les derniers jours ont été marqués par une guerre de tranchées au sein de l’hémicycle. Selon plusieurs sources parlementaires, de nombreux signataires auraient subi de fortes pressions de la part de leurs états-majors politiques pour se rétracter. Plus grave encore, la bataille s’est déplacée sur le terrain judiciaire. Une plainte pour faux en écriture a été déposée devant le Parquet général près la Cour de cassation contre l’initiateur de la motion. Certains élus affirment en effet n’avoir jamais apposé leur signature sur le document incriminé. Dans l’entourage de Jacquemain Shabani, on dénonce une cabale politique et des règlements de comptes internes. Le camp du ministre pointe du doigt des manœuvres orchestrées par certains caciques de l’UDPS, le parti présidentiel, révélant ainsi des fissures au sein même de la famille politique du Chef de l’État. Le rendez-vous du 27 avril s’annonce donc électrique. Il s’agira d’un test majeur pour la cohésion de la majorité parlementaire et pour l’avenir de celui qui occupe l’un des postes les plus régaliens du gouvernement Suminwa. ________________Daniel FARAY
Lubumbashi : La PNC démantèle plusieurs foyers de criminalité, 70 suspects interpellés
L’opération Ndobo monte en puissance dans le Haut-Katanga. Lors d’une vaste opération de bouclage menée dans la nuit du 22 au 23 avril 2026, la Police Nationale Congolaise (PNC) a frappé un grand coup dans les quartiers périphériques de Lubumbashi, procédant à l’arrestation de plusieurs dizaines d’individus. C’est sous la direction personnelle du Commissaire Provincial de la PNC-Haut-Katanga, le Général Blaise Kilimbalimba, que les forces de l’ordre ont investi les cellules Penga Penga et Basembe, situées dans le quartier Bagdolite dans la commune de Lubumbashi. Cette intervention, menée entre mercredi soir et jeudi matin, a bénéficié d’un appui interinstitutionnel majeur. Outre les unités de la police, des éléments de la 22ème région militaire des FARDC et différents services de sécurité ont été mobilisés pour garantir l’efficacité du bouclage et prévenir toute résistance armée. Le résultat de cette nuit d’intervention est sans appel. Selon les chiffres officiels communiqués par les autorités : 70 présumés délinquants ont été appréhendés et mis à la disposition de la justice. Une quantité importante d’alcool frelaté, dont plusieurs cartons de whisky en format miniature et 60 litres de boissons à forte teneur alcoolique. Des barres de mine, des couteaux et divers objets tranchants ont été récupérés, confirmant la dangerosité des suspects interpellés. « Cette opération témoigne de notre détermination à ne laisser aucun sanctuaire aux criminels dans cette province », a déclaré le Général Kilimbalimba lors du constat des faits. Présent aux côtés des forces de l’ordre, le Ministre provincial de l’Intérieur a salué la coordination entre la police et l’armée. Pour les autorités locales, l’objectif de l’opération Ndobo est clair : Restaurer l’autorité de l’État et garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens, alors que le sentiment d’insécurité inquiétait de plus en plus les lushois. Le Général Blaise Kilimbalimba a d’ores et déjà annoncé que ces actions de bouclage ne sont pas isolées et vont se poursuivre, de manière inopinée, sur l’ensemble de la province du Haut-Katanga. ________________Daniel FARAY
RDC: Le CPVS échange avec Buenassa Resources S.A. sur l’industrialisation locale du cuivre et du cobalt
Dans le cadre du suivi des engagements présidentiels visant à renforcer la compétitivité et la diversification économique, le Conseil Présidentiel de veille stratégique (CPVS) poursuit son action en faveur de la transformation locale des ressources minières de la République Démocratique du Congo. À ce titre, une audience stratégique s’est tenue le lundi 20 avril 2026 entre son Coordonnateur, François Muamba Tshishimbi, et le Directeur Général de Buenassa Resources S.A., Eddy Kioni. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Programme d’Actions du Gouvernement, en lien avec l’un des six engagements majeurs du Chef de l’État à savoir : Bâtir une économie plus compétitive et diversifiée. Les échanges ont porté sur les avancées d’un projet structurant visant à positionner la RDC comme un acteur industriel clé dans la chaîne de valeur des minerais critiques, notamment le cuivre et le cobalt. Le Directeur Général de Buenassa a présenté l’état d’avancement d’un projet ambitieux de transformation locale, avec pour objectif de réduire la dépendance à l’exportation brute des minerais et de maximiser la valeur ajoutée captée sur le territoire national. Un projet industriel à forte portée stratégique Au centre des discussions figure l’initiative d’ériger la première usine de raffinage de cuivre et de cobalt dirigée par des Congolais. Ce projet marque une étape importante dans la volonté de repositionner la RDC, en passant d’un rôle d’exportateur de matières premières à celui de producteur industriel intégré. Le modèle proposé repose sur trois piliers complémentaires : une plateforme de commercialisation, un complexe de raffinage, un dispositif de stockage stratégique. Cet écosystème intégré vise à améliorer la maîtrise des flux de minerais et des revenus associés, tout en favorisant une transformation locale plus efficace des ressources naturelles. Capacités de production et ambitions industrielles Le projet prévoit un développement en deux phases. La première phase ambitionne une production annuelle d’environ 30 000 tonnes de cathodes de cuivre conformes aux standards LME, ainsi que 5 000 tonnes de cobalt métal. À terme, la deuxième phase porterait ces capacités à 120 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt, traduisant une montée en puissance significative de l’outil industriel. Par ailleurs, un site de 13 000 hectares pourrait être mis à disposition pour accueillir cette infrastructure, renforçant ainsi la structuration de la chaîne de valeur minière nationale et le positionnement du pays sur les marchés internationaux. Points de vigilance et priorités stratégiques Au cours des échanges, le CPVS a mis en lumière plusieurs enjeux critiques à anticiper pour garantir la réussite du projet : La sécurisation foncière du site, l’accès à une énergie fiable et durable, la garantie d’un approvisionnement régulier en minerais, la structuration du financement, la cohérence stratégique avec les intérêts nationaux. Ces éléments constituent des préalables essentiels pour assurer la viabilité et la durabilité de l’initiative. Vers une économie créatrice de valeur Pour le Coordonnateur du CPVS, l’enjeu majeur réside désormais dans la levée des contraintes identifiées afin de consolider la transition vers une économie industrielle créatrice de valeur. Le Comité entend poursuivre un suivi proactif de ce projet, considéré comme structurant pour l’avenir économique de la RDC. À travers cette dynamique, la RDC confirme son ambition de mieux valoriser ses ressources naturelles et de renforcer sa souveraineté économique en s’insérant durablement dans les chaînes de valeur mondiales des minerais stratégiques.___________________Trésor Kasamba