C’est l’un des procès le plus viral en République Démocratique du Congo. Il s’agit de l’affaire opposant le ministère public au docteur David Balanganayi poursuivi pour coup et blessure sur une patiente à Kinshasa. Très attendu, le verdict a été finalement rendu dans la soirée du vendredi 04 avril 2026 par le tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole, dans l’Est de la capitale congolaise. Poursuivi initialement pour des faits graves, notamment torture, tentative de meurtre et enregistrement illicite d’images, le prévenu a finalement été condamné à une peine de deux mois de servitude pénale assortie d’un sursis d’une année. Une amende a également été prononcée à son encontre. Dans son jugement, le tribunal a estimé que les infractions de torture, de tentative de meurtre ainsi que celles liées à l’enregistrement d’images n’étaient pas établies en fait et en droit. En conséquence, ces chefs d’accusation ont été purement écartés. Les faits ont ainsi été requalifié en coups et blessures simples, une infraction jugée moins grave au regard du droit pénal congolais, ce qui a motivé la peine relativement clémente infligée au médecin.Cependant, ce verdict suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique. De nombreux citoyens expriment leur indignation, estimant que la sanction prononcée ne reflète pas la gravité des faits tels que relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux. ___________________Degaulle Muloko
Corridor de Lobito : Washington érige l’option Mota-Engil en levier clé de son partenariat stratégique avec la RDC
L’implication des États-Unis dans le développement du corridor de Lobito franchit un cap décisif. Washington a clairement positionné l’attribution à Mota-Engil de la concession du segment congolais comme une priorité stratégique dans la mise en œuvre du partenariat conclu le 04 décembre 2025 avec la République démocratique du Congo. Lors d’une intervention remarquée au Powering Africa Summit, le 19 mars 2026 à Washington, Nick Checker, haut responsable du Bureau des affaires africaines, a explicitement classé ce projet parmi les trois piliers « fondamentaux » de la coopération bilatérale, une déclaration qui confirme l’alignement croissant entre les priorités d’infrastructures congolaises et les intérêts géoéconomiques américains. Un triptyque stratégique centré sur les minerais critiques Aux côtés du corridor de Lobito, Washington met en avant deux autres opérations structurantes : La reprise des actifs de Chemaf par un consortium conduit par Virtus, validée en mars 2026, et le projet de transaction entre Orion Critical Minerals Consortium et Glencore, encore au stade de mémorandum d’entente. Ces initiatives traduisent une stratégie cohérente : Sécuriser l’accès aux minerais critiques congolais à savoir, cuivre, cobalt, zinc, tout en structurant des corridors logistiques orientés vers l’Atlantique. L’accord bilatéral fixe d’ailleurs des objectifs explicites : D’ici cinq ans, 50 % du cuivre, 30 % du cobalt et 90 % du zinc issus des entreprises publiques congolaises devront transiter par l’axe Sakania-Lobito corridor. Une ambition géoéconomique assumée Au-delà de l’infrastructure, l’enjeu est clairement géostratégique. Nick Checker a ainsi déclaré que l’objectif américain est de réorienter les flux de minerais africains « vers l’ouest, en direction des États-Unis », en citant le corridor de Lobito comme un modèle de cette nouvelle architecture commerciale. Cette orientation marque une inflexion majeure dans la géographie des exportations congolaises, historiquement tournées vers les corridors de l’océan Indien. Elle s’inscrit également dans une logique de sécurisation des chaînes d’approvisionnement américaines, dans un contexte de compétition accrue pour les ressources stratégiques. Le rôle pivot de la DFC et le soutien à Mota-Engil Le soutien américain à Mota-Engil s’est concrétisé dès décembre 2025, lorsque la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) a annoncé une lettre d’intention pour financer la réhabilitation, l’exploitation et le transfert de la ligne Dilolo-Sakania. Le montant potentiel de cet appui pourrait atteindre un milliard de dollars, sous réserve de validation finale. Ce positionnement conforte Mota-Engil comme opérateur de référence sur le segment congolais, en cohérence avec sa présence déjà établie en Angola via le consortium Lobito Atlantic Railway, aux côtés de Trafigura et Vecturis. Entre ouverture formelle et préférence stratégique Malgré ce soutien affirmé, les autorités congolaises maintiennent officiellement une approche concurrentielle. Lors de la réunion de coordination tenue à Luanda en février 2026, Jean-Pierre Bemba a annoncé la préparation d’un appel d’offres international pour le tronçon Tenke-Kolwezi-Dilolo, avec un montage privilégié en partenariat public-privé. Cette posture traduit un équilibre délicat : Préserver la souveraineté décisionnelle tout en capitalisant sur un partenaire américain désormais fortement engagé, tant politiquement que financièrement. Un projet à fort impact logistique et compétitif Les projections confirment le potentiel transformateur du corridor. À terme, il devrait permettre d’acheminer les minerais depuis Kolwezi ou Tenke jusqu’au port de Lobito en 5 à 8 jours, contre près de 25 jours via Durban. Cette réduction drastique des délais pourrait entraîner une baisse des coûts logistiques allant jusqu’à 30 %. Dès la première année d’exploitation, le corridor vise un volume d’un million de tonnes à l’export et de 500 000 tonnes à l’import, avec l’ambition de repositionner Lobito face à des hubs concurrents comme Dar es Salaam, Beira ou Walvis Bay. Une dynamique encore à concrétiser Sur le terrain, la SNCC poursuit des travaux d’urgence pour maintenir la continuité du trafic, avec environ 100 millions de dollars déjà investis pour réhabiliter des tronçons critiques de la ligne. Mais au-delà des annonces et des intentions, le véritable test réside désormais dans la capacité à accélérer l’exécution. L’engagement américain, désormais explicite et structurant, pourrait précisément constituer le catalyseur qui faisait jusqu’ici défaut. En filigrane, le corridor de Lobito apparaît comme bien plus qu’un projet d’infrastructure : Un instrument de reconfiguration des flux commerciaux, au cœur d’une nouvelle géopolitique des ressources stratégiques.__________________Trésor Kasamba
Raffinerie Buenassa : Une étape foncière clé qui fait basculer le projet vers sa phase industrielle
Le projet de raffinerie hydrométallurgique de cuivre et de cobalt porté par Buenassa Resources franchit un cap déterminant dans la province du Lualaba. La validation officielle du site d’implantation par le Cadastre Minier de la RDC (CAMI) marque l’aboutissement de plusieurs mois d’études techniques et positionne désormais le projet dans une trajectoire plus opérationnelle. Une validation qui clôt la phase de sélection technique Annoncée par le Directeur Général Eddy Kioni, cette validation entérine le choix du site préférentiel, fruit des travaux conduits par Bara Consulting Ltd et MET63 Pty Ltd, avec l’appui financier du Fonds de Promotion de l’Industrie. Au-delà de son caractère technique, cette étape revêt une portée stratégique : Elle permet de passer d’une logique d’identification à une logique de sécurisation et de planification industrielle. Cap sur la sanctuarisation cadastrale et les études de faisabilité Selon Le Point.cd qui est proche du dossier, la prochaine phase sera celle de la « sanctuarisation cadastrale », un processus clé par lequel le CAMI garantit juridiquement l’emprise foncière du projet. Cette sécurisation constitue un prérequis indispensable avant le lancement des études de faisabilité approfondies — PFS (Pre-Feasibility Study) et DFS (Definitive Feasibility Study) — qui devront établir avec précision la viabilité technique, économique et financière de la future raffinerie. L’implication directe du CAMI, dirigé par Popol Mabolia Yenga, souligne le statut stratégique accordé à cette infrastructure dans la politique minière nationale. Un projet soutenu au plus haut niveau de l’État L’initiative bénéficie d’un soutien institutionnel affirmé. Depuis Juin 2025, l’État congolais est entré au capital de Buenassa Resources à hauteur de 10 %, traduisant une volonté claire de s’impliquer directement dans la chaîne de valeur minière au-delà de l’extraction. Ce positionnement reflète une inflexion stratégique : Faire émerger une capacité locale de transformation des minerais, en particulier du cuivre et du cobalt, dont la demande mondiale est portée par les industries de défense et de transition énergétique. Vers une industrialisation effective Pour Eddy Kioni, cette avancée illustre une dynamique plus large : « L’industrialisation de la RDC n’est plus une ambition lointaine, c’est une réalité en marche ». Derrière cette déclaration, se dessine un objectif central : Capter davantage de valeur ajoutée sur le sol congolais, tout en renforçant la souveraineté économique et industrielle du pays. Si la validation du site constitue un jalon majeur, le véritable test résidera dans la capacité du projet à franchir avec succès les étapes suivantes : Sécurisation foncière, finalisation des études, mobilisation des financements et, surtout, lancement effectif des travaux.__________________Trésor Kasamba
Affaire Balanganayi: Le ministère public requiert 10 ans de prison ferme contre le médecin
L’audience de ce vendredi 03 avril 2026 a marqué un tournant décisif dans le procès opposant le docteur David Balanganayi à son ancienne patiente, Dorcas Moya. Devant le Tribunal de grande instance de Kinkole, le ministère public a frappé fort en réclamant une peine de dix années de réclusion. Un réquisitoire sévère Pour l’organe de la loi, la culpabilité du praticien ne fait aucun doute. Le procureur a détaillé une série d’infractions graves, sollicitant notamment : 10 ans pour torture ; 5 ans pour coups et blessures aggravés ; 5 ans pour l’ordre donné de filmer la scène de soins. En se basant sur le principe de « concours idéal d’infractions », le ministère public a demandé au tribunal de retenir la peine la plus lourde, soit 10 ans de servitude pénale principale, assortis d’une amende de 25 millions de francs congolais. Battue lors de la suture : Le témoignage de la victime Présente à la barre selon l’exigence des juges, Dorcas Moya a livré un récit poignant des faits. La jeune mère a affirmé avoir subi des violences physiques de la part du médecin alors qu’elle subissait une suture post-accouchement. Contrairement aux allégations de la défense, elle a insisté sur le fait qu’elle ne manifestait aucune résistance aux soins au moment des coups. De leur côté, les avocats de la partie civile ont durci le ton en plaidant pour la reconnaissance de la tentative de meurtre. Ils réclament, en réparation du préjudice subi, la somme d’un million de dollars américains au titre de dommages et intérêts. L’expertise médicale Le tribunal a également entendu le témoignage du docteur Ilunga, expert de l’hôpital Diamant, où la victime avait été transférée. Si l’expert a confirmé que les constantes vitales de la patiente étaient stables à son arrivée, il a néanmoins relevé la présence d’une plaie infectée. Cette complication aurait nécessité une anesthésie locale immédiate pour permettre un examen approfondi, compte tenu des douleurs aiguës rapportées par la victime. Le tribunal a pris l’affaire en délibéré, et le sort du docteur Balanganayi repose désormais entre les mains des juges._______________Junior Numbi
RDC: Le Sénat a élu le successeur de Bahati Lukwebo au poste de deuxième Vice-Président
Le Sénat de la République Démocratique du Congo a élu, ce vendredi 3 avril 2026, Norbert Basengezi Katintima au poste de deuxième Vice-Président. À l’issue de ce vote par plébiscite, Basengezi, candidat de l’Union sacrée de la Nation (USN), a été crédité de 87 voix sur un total de 95 votes, dont 5 voix contre, et 3 bulletins nuls, selon les résultats communiqués par le Président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde. Norbert Basengezi Katintima, Sénateur élu du Sud-Kivu , et ancien Vice-Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), succède ainsi à Modeste Bahati Lukwebo, également élu du Sud-Kivu, qui avait démissionné de ses fonctions le 18 mars 2026, visé par une pétition pour « incompétence » qui pouvait déboucher sur sa déchéance, le 16 mars en marge de l’ouverture de la session parlementaire. Ce départ avait entraîné une vacance au poste de deuxième Vice-Président du Sénat, poste désormais occupé par le Sénateur Basengezi. À titre de rappel, Norbert Basengezi, né le 10 janvier 1958 à Kashimaro-Kaziba (Sud-Kivu), est un homme politique de premier plan. Ancien gouverneur de la province du Sud-Kivu et député national, il cumule une riche expérience dans les hautes sphères de l’État. À la tête de l’Alliance des nationalistes pour un Congo émergent (ANCE), un parti membre de l’Union sacrée de la Nation, il s’impose comme l’un des acteurs majeurs de l’Union Sacrée de la Nation ( USN), plateforme politique actuellement au pouvoir en République Démocratique du Congo._______________Junior Numbi
Gestion de la redevance minière dans les ETD: Pourquoi l’annonce du contrôle parlementaire suscite la polémique dans le Haut-Katanga ?
L’annonce d’un contrôle parlementaire sur les fonds miniers destinés aux communes et chefferies fait polémique. Pour l’expert Jeff Mbiya, les députés provinciaux sortent de leur champ de compétence en s’immisçant dans la gestion financière des Entités Territoriales Décentralisées (ETD). Lors de l’ouverture de la session de mars 2026, le président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, Michel Kabwe, a annoncé un contrôle rigoureux sur la gestion de la redevance minière reversée aux ETD. Si l’intention semble louable, elle se heurte à une réalité juridique implacable selon Jeff Mbiya, expert en gouvernance locale. Interrogé par nos confrères de Top Congo FM, ce dernier est catégorique : « Cette démarche outrepasse les compétences de l’organe délibérant. Le cadre légal est pourtant clair, la gestion et le contrôle de ces fonds relèvent exclusivement des conseils municipaux », explique-t-il, s’appuyant sur les dispositions du Code minier révisé. L’analyse de Jeff Mbiya repose sur une lecture stricte des textes en vigueur. Il rappelle que l’article 3 du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale limite le pouvoir de contrôle des députés au seul gouvernement provincial et aux services publics provinciaux; « Les ETD sont dotées d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière. Le décret du 26 août 2023, fixant la répartition des revenus miniers, confirme cette démarcation nette des responsabilités », souligne l’expert. En clair, un député provincial n’a pas vocation à se substituer à un conseiller municipal pour auditer les caisses d’une commune. Pour Jeff Mbiya, cette immixtion est le symptôme d’un mal plus profond : La résistance à la décentralisation. En voulant contrôler les ressources à la base, l’Assemblée provinciale freine l’autonomie des entités locales reconnue par la loi organique de 2008; « Depuis plus de dix ans, les ETD ne bénéficient pas pleinement de la rétrocession des fonds qui leur sont dus. L’Assemblée provinciale devrait plutôt se concentrer sur le contrôle de la part revenant à la province et exiger une meilleure redistribution en faveur des communautés locales », suggère-t-il. Au-delà de la polémique juridique, cette situation rappelle l’urgence de rendre la décentralisation effective dans le Haut-Katanga et partout en République Démocratique du Congo, selon certains analystes. Daniel Faray
Lualaba : Le gouvernement central alerte sur une menace de contamination radioactive au site minier de KCC
En République Démocratique du Congo, une menace invisible plane sur la capitale mondiale du cobalt. Lors du Conseil des ministres du 27 mars 2026, le Gouvernement congolais a lancé une alerte sanitaire urgente concernant des risques d’irradiation radioactive sur le site de Kamoto Copper Company (KCC). Entre rapports techniques alarmants et zones d’ombre sur l’exploitation artisanale, la province du Lualaba retient son souffle. Selon les informations officielles, la zone critique a été localisée au niveau du remblai T17, situé dans le périmètre d’exploitation de KCC. Depuis le 23 mars 2026, ce secteur est placé sous surveillance renforcée après avoir été officiellement classifié en situation d’urgence radiologique. Les autorités redoutent des conséquences dévastatrices, tant pour les populations riveraines que pour l’écosystème local. Selon les rapports techniques du Gouvernement, la présence de substances radioactives expose la région à plusieurs dangers majeurs notamment sur la santé publique et les risques d’irradiation directe pour les travailleurs et les riverains, avec des effets possibles à long terme. On redoute des maladies chroniques telles que le cancer, la contamination durable des sols, des nappes phréatiques et des cours d’eau, les impacts significatifs sur la faune et la flore locales, ainsi que le risque d’infiltration de particules radioactives dans la chaîne alimentaire. Face à la gravité de la situation, la ministre de la recherche scientifique et innovation, Marie-Thérèse Sombo, a annoncé un déploiement urgent, « la rapidité d’intervention et la coordination interinstitutionnelle sont essentielles pour prévenir toute aggravation », a-t-elle martelé. Pour limiter la propagation, un plan d’urgence a été mis en place, c’est entre autre, le déploiement d’experts en radioprotection, l’installation de dispositifs de décontamination et une surveillance continue des niveaux de radiation dans les zones habitées à proximité du site. Si le discours officiel se veut rassurant sur la prise en charge, une source proche du dossier, ayant requis l’anonymat, livre une analyse plus nuancée. Selon cette source, la crise serait accentuée par l’invasion du site par des creuseurs artisanaux. Ces derniers, en manipulant des remblais potentiellement radioactifs sans protection, auraient accéléré la dispersion des particules dangereuses. Cette révélation soulève une question brûlante : Les autorités ont-elles réellement le contrôle de la zone ? Malgré les mesures annoncées, la sécurisation durable du périmètre face à l’activité minière illégale reste le principal défi de cette crise. __________________Trésor Kasamba
Haut-Katanga : Entre urgence sociale et fragilité juridique, le dilemme du gouvernement Kazembe
L’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) livre une analyse sans concession sur la situation politique en province. Entre un intérim aux pouvoirs contestés et l’impératif de protéger les citoyens, Maître Hubert Tshiswaka trace la ligne de crête d’une gouvernance en quête de légitimité. Dans son dernier Bulletin du Contrôle Citoyen, l’IRDH pointe une « léthargie de l’État », comme cause majeure des violations des droits fondamentaux dans le Haut-Katanga. Pour Maître Hubert Tshiswaka, cette paralysie est le fruit d’un blocage institutionnel inédit, « Cette situation résultait d’un bicéphalisme de fait au sommet de l’exécutif : d’un côté, l’absence prolongée du Gouverneur titulaire et, de l’autre, un intérim dont l’autorité se heurtait à des résistances politiques systémiques » , a-t-il déclaré. La récente mise en place d’un nouveau gouvernement provincial par le Gouverneur ad intérim, Martin Kazembe Shula, suscite un vif débat juridique. L’expert de l’IRDH rappelle que, selon les textes, un intérimaire est confiné à l’expédition des affaires courantes. « Un intérimaire ne peut légalement nommer un gouvernement complet. Cet acte est susceptible d’être contesté devant le Conseil d’État pour excès de pouvoir, ce qui fragilise d’emblée la légitimité juridique des nouveaux ministres », prévient Maître Tshiswaka. Pourtant, au-delà de la rigueur de la loi, l’IRDH évoque la théorie de la continuité de l’État. Dans un contexte de vide administratif et d’insécurité croissante, la nomination d’une nouvelle équipe de l’exécutif provincial pourrait être tolérée comme un mal nécessaire, « Face au blocage, cette nomination peut être perçue comme un fait accompli visant à maintenir la stabilité. L’organisation des services publics reste cruciale pour garantir la paix et le respect des droits fondamentaux » , souligne le Directeur de l’IRDH. Pour l’IRDH, si ce gouvernement est juridiquement fragile, il peut conquérir sa légitimité par l’action. Maître Hubert Tshiswaka fixe le cap sur quatre dossiers explosifs : 1. La spoliation foncière : Une action immédiate est attendue sur les sites de l’INERA/Kipopo et Kashimbala. 2. La reddition de comptes : Faire la lumière sur les détournements présumés de fonds destinés aux infrastructures locales. 3. L’urgence humanitaire : Une assistance concrète aux déplacés internes. 4. La justice environnementale : Sanctionner la pollution industrielle causée par certaines entreprises minières. La continuité institutionnelle n’a de sens que si elle se traduit par une effectivité réelle de la justice et du bien-être des populations. La protection des droits humains constitue le véritable test de légitimité pour ce gouvernement provisoire , a-t-il conclu dans son bulletin._______________Daniel Faray
Haut-Katanga : La PNC poursuit sa traque contre la criminalité à Kipushi
Après les villes de Lubumbashi et Kasumbalesa, la traque des réseaux criminels s’intensifie dans le Haut-Katanga. Sous l’impulsion du Commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba, la Police Nationale Congolaise (PNC) a mené une opération de bouclage d’envergure le jeudi 03 avril 2026 dans la cité frontalière de Kipushi, aboutissant à l’arrestation de plusieurs présumés malfrats, dont un usurpateur de haut rang. Parmi les prévenus présentés ce jour à la presse et aux autorités, un cas a particulièrement retenu l’attention , celui d’un civil arborant illégalement les insignes de l’armée. Ce dernier se faisait passer pour un colonel, utilisant ce grade prestigieux pour intimider les citoyens et faciliter ses activités illicites. Outre cet usurpateur, un homme en uniforme figure également parmi les personnes interpellées, illustrant la volonté du Commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba de ne tolérer aucune complicité, même au sein des forces de défense et de sécurité. Cette opération à Kipushi n’est pas un fait isolé. Elle marque une étape supplémentaire dans la vaste offensive lancée par la PNC sur toute l’étendue de la province. L’objectif affiché est clair, instaurer un climat de paix durable et éradiquer les foyers d’insécurité qui freinent le développement socio-économique du Haut-Katanga. À Lubumbashi, Kasumbalesa, et désormais Kipushi, le message des autorités sécuritaires est sans équivoque, la traque se poursuivra jusqu’à ce que chaque recoin de la province soit sécurisé. La population, quant à elle, est appelée à renforcer sa collaboration avec la police par la dénonciation de tout mouvement suspect. ______________Daniel Faray
RDC : La journée du 06 avril 2026 déclarée chômée et payée
Le Ministère de l’Emploi et du Travail de la République Démocratique du Congo a officiellement annoncé que la journée du lundi 06 avril 2026 sera chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national. Dans un communiqué officiel signé le 02 avril 2026 à Kinshasa par le ministre Ferdinand Massamba wa Massamba, cette décision s’inscrit dans le cadre du respect de l’ordonnance n° 23/042 du 30 mars 2023 fixant la liste des jours fériés légaux en RDC. Cette journée est consacrée au combat de Simon Kimbangu ainsi qu’à la conscience africaine. À ce titre, elle revêt une importance historique et culturelle majeure pour le peuple congolais. Le ministère invite ainsi les employeurs et les travailleurs à se conformer à cette disposition légale, qui garantit aux citoyens un jour de repos rémunéré, conformément aux textes en vigueur. Cette commémoration annuelle est une occasion pour les congolais de se souvenir du combat spirituel et identitaire mené par Simon Kimbangu, figure emblématique de la lutte pour la dignité africaine.____________________Degaulle Muloko