Dans un effort pour stabiliser la région, les États-Unis exigent désormais de Kinshasa des actions concrètes contre les FDLR, après avoir sanctionné des officiers rwandais. Malgré la signature d’accords de paix sous la médiation de Washington, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda peinent à respecter leurs engagements respectifs. Cette méfiance persistante entrave l’instauration d’une paix durable dans la région des Grands Lacs, suscitant l’inquiétude des observateurs nationaux et internationaux. Afin de sortir de l’impasse, la communauté internationale s’attelle désormais à établir les responsabilités de chaque camp. Côté Rwandais : Les États-Unis ont récemment sanctionné de hauts cadres militaires de la Rwanda Defence Force (RDF). Ces derniers sont accusés de soutenir activement les offensives du M23. Selon les rapports de force, ces opérations n’auraient pas été possibles sans le déploiement de milliers de soldats rwandais et la fourniture d’équipements militaires sophistiqués sur le sol congolais. Si Kinshasa a salué ces sanctions comme une avancée majeure, Washington estime que la RDC doit également remplir sa part du contrat.Côté Congolais : Lors de la session du Conseil de sécurité de l’ONU tenue ce mercredi 15 avril 2026, la représentante adjointe des États-Unis, Tammy K. Bruce, a rappelé à Kinshasa ses obligations. Elle a souligné la nécessité absolue pour la RDC de neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) opérant dans les zones sous son contrôle. Ce groupe armé demeure, pour Kigali, la principale menace sécuritaire et le principal point d’achoppement des négociations. Cette nouvelle pression américaine survient dans un contexte diplomatique intense, marqué par la reprise des négociations à Genève entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23/AFC. Pour Washington, la paix ne pourra se concrétiser que si chaque signataire honore ses engagements, la fin du soutien rwandais au M23 d’un côté, et l’éradication des FDLR par la RDC de l’autre. _______________Fulbert Ngoy
Haut-Katanga : La Société civile redoute une dérive sanglante entre communautés à Miringi
Le spectre d’un conflit ethnique plane sur le territoire de Kambove. Dans une note de conjoncture sécuritaire publiée ce mercredi 15 avril 2026, le Cadre de Concertation de la Société Civile du Haut-Katanga dresse un constat alarmant de la situation à Miringi, où la cohabitation pacifique semble avoir cédé la place à une hostilité ouverte. Le tableau décrit par la thématique sécurité de cette structure citoyenne est sombre. Selon Bertin Tshoz, porte-parole de l’organisation, le village de Miringi est devenu le théâtre d’une recrudescence de violences intercommunautaires. Le bilan, encore provisoire, fait état de plusieurs morts et de nombreux blessés, illustrant l’escalade d’une crise qui couve depuis plusieurs semaines. L’inquiétude majeure réside dans la rupture du contrat de confiance entre la population et les services de sécurité. Le communiqué souligne un seuil de suspicion réciproque sans précédent : Faute de protection étatique jugée moins efficace, les habitants se tournent vers l’autodéfense: » Le recours aux armes blanches, notamment les machettes, se généralise dans les foyers pour assurer une protection individuelle », prévient la Société civile. Ce phénomène de militarisation civile est perçu comme le signe avant-coureur d’un embrasement généralisé si l’autorité de l’État n’est pas restaurée dans l’immédiat. Face à ce péril imminent, les forces vives du Haut-Katanga rejettent l’option d’une militarisation accrue de la zone, craignant une répression brutale. Elles privilégient une approche de médiation préventive. Dans cette optique, l’organisation lance un appel direct au sommet de l’État. Elle exhorte le Président de la République à mandater, toutes affaires cessantes, une mission de paix et de sensibilisation. Cette délégation aurait pour mission de restaurer les mécanismes de dialogue communautaire et de promouvoir le vivre-ensemble dans une région déjà fragilisée par des tensions foncières et minières latentes. L’urgence est désormais à la désescalade. Pour les observateurs locaux, le dossier Miringi constitue un test majeur pour la cohésion sociale dans la province du Haut-Katanga en cette année 2026. ________________Daniel FARAY
Haut-Katanga : Martin Kazembe Shula en mission de pacification et de réarmement moral à Mitwaba
Face à la résurgence de l’insécurité dans le nord de la province, l’exécutif provincial passe à l’offensive. Le Gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, a effectué une descente musclée dans le territoire de Mitwaba pour restaurer l’autorité de l’État et redonner espoir à une population meurtrie par les récentes incursions rebelles. Après les violences enregistrées dans les localités de N’konga et Lusinga, où des mouvements insurrectionnels ont tenté d’imposer leur loi, la présence du Gouverneur se veut un signal de fermeté. Accompagné des hauts responsables des FARDC et de la Police Nationale Congolaise (PNC), Martin Kazembe a officiellement acté le retour au calme.S’exprimant devant une foule compacte au chef-lieu du territoire, le Gouverneur a axé son message sur la responsabilité collective. Il a fermement condamné les tentatives de déstabilisation, appelant les jeunes à ne pas se laisser embrigader par des forces négatives: « Le Haut-Katanga doit demeurer un havre de paix pour son développement. Nous ne tolérerons aucun sanctuaire pour les ennemis de la République », a-t-il déclaré, tout en exhortant les chefs coutumiers gardiens des terres à une collaboration étroite avec les services de renseignement pour étouffer toute menace à l’État. Au-delà du volet sécuritaire, Martin Kazembe Shula a placé la jeunesse estudiantine au cœur de sa mission. Dans un élan de réarmement moral, il a encouragé les élèves finalistes du territoire à se surpasser pour les épreuves de l’Examen d’État 2026. Le Gouverneur a rappelé l’existence de la bourse Excellentia de la Fondation Lona de Denise Nyakeru Tshisekedi, une opportunité d’élite pour les futurs bacheliers de Mitwaba de poursuivre leurs études dans les meilleures universités du monde, loin des sentiers de la violence. La visite s’est clôturée par un Conseil de sécurité élargi. Autour de la table, les forces vives, les autorités territoriales et les experts militaires ont planché sur une nouvelle cartographie sécuritaire pour la zone. En quittant le territoire, Martin Kazembe Shula laisse derrière lui une population rassurée, mais surtout un message de cohésion, la paix à Mitwaba n’étant pas seulement une affaire d’armes, mais aussi une affaire de conscience patriotique. _______________Daniel FARAY
Motion de défiance contre le VPM de l’Intérieur: Yangotikala dit « non aux billets verts »
Initialement prévue ce mercredi 15 avril, la séance devant examiner la motion de défiance qui vise le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, à l’Assemblée nationale, a été reportée à une date ultérieure. Un report qui suscite incompréhensions et tensions au sein de la classe politique. Pour l’initiateur de cette démarche, le député Yangotikala Laddy, ce report intervient au moment où le délai réglementaire de 48 heures suivant le dépôt de la motion arrive à expiration, plaçant désormais devant sa responsabilité le bureau de l’Assemblée nationale. « Normalement, nous devrions avoir une plénière… Les 48 heures qui [suivent] le dépôt de notre initiative parlementaire vont s’épuiser aujourd’hui et le bureau n’aura qu’à tirer les conséquences », a-t-il déclaré avec fermeté sur Top Congo FM. Par ailleurs, cet élu de Kisangani-ville reproche au VPM de l’Intérieur d’avoir minimisé la vague d’enlèvements et de meurtres qui secoue la capitale Kinshasa, lors d’un récent Conseil des ministres. De ce fait, la démarche, selon lui, reste simple : Permettre au ministre concerné de se présenter devant la représentation nationale afin de se défendre, « Que le Vice-Premier ministre vienne à la plénière… la chambre décidera de voter ou de rejeter la motion. C’est plus simple que cela », a-t-il insisté. Toutefois, le député initiateur de cette action affirme avoir subi des pressions et des menaces, tant physiques que financières, pour retirer sa motion, « Malgré les menaces… ceux qui viennent avec des billets verts pour que je retire mon initiative, j’ai dit non. Personne ne va me corrompre », a-t-il martelé. Pour l’heure, aucune nouvelle date n’a été officiellement communiquée pour l’examen de cette motion. Le silence du bureau de l’Assemblée nationale laisse planer le doute sur la volonté réelle de traiter ce dossier visant un membre de l’Union sacrée de la nation, la plateforme actuellement au pouvoir. À la suite de cette initiative parlementaire, Yangotikala Laddy a démissionné de ses fonctions au sein de son parti, l’AVRP (Action des Volontaires pour la Relève Patriotique). Par la suite, il a été temporairement exclu du regroupement politique Alliances des Bâtisseurs (AB), une plateforme proche du président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde.________________Junior Numbi
Lubumbashi : Les transporteurs de sable sur la route Kasenga en furie face à la pression fiscale
| Photo de Patient Umba La circulation a été fortement perturbée, le mercredi 15 avril 2026 à l’entrée de Lubumbashi sur l’axe Kasenga. Des chauffeurs de camions, transporteurs de sable ont barricadé la chaussée pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de harcèlement fiscal. Les manifestants dénoncent non seulement la multiplication des taxes perçues sur ce tronçon, mais aussi les tracasseries récurrentes de la part de certains agents de l’ordre. Selon les protestataires, cette superposition de prélèvements, souvent jugés illégaux, asphyxie leur activité et réduit drastiquement leurs revenus journaliers: « Nos conditions de travail deviennent insupportables », ont alerté les chauffeurs, soulignant que ces pratiques entravent la fluidité du commerce des matériaux de construction dans la région. Face à cette paralysie, ces transporteurs exigent une intervention immédiète des autorités provinciales. Ils en appellent particulièrement au ministre provincial des Transports pour une restructuration des taxes et la fin définitive des abus constatés sur cette route stratégique. ________________Daniel FARAY
Élection du Gouverneur du Sankuru: Jules Lodi Emongo en tête selon les résultats de la Ceni
La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a publié, à travers un communiqué officiel de ce 15 avril 2026, les résultats provisoires de l’élection du Gouverneur et du Vice-Gouverneur de la province du Sankuru. Selon la centrale électorale, le scrutin s’est déroulé dans le respect des exigences légales et réglementaires en vigueur à Lusambo, chef-lieu de la province. Les résultats issus du procès-verbal de dépouillement indiquent un total de 25 électeurs pour 10 candidats en lice, avec un taux de participation de 100 %. Aucun bulletin blanc n’a été enregistré et l’ensemble des 25 suffrages exprimés a été jugé valide. Après vérification et contrôle de cohérence, la Ceni a entériné la publication des résultats provisoires conformément à sa décision officielle. Ayant obtenu 15 voix, Jules Lodi Emongo a été provisoirement proclamé Gouverneur élu de la province du Sankuru, tandis que Charles Motomoke Yanape, Vice-Gouverneur. Le comptage des bulletins s’est effectué en présence des témoins, des observateurs, des journalistes ainsi que des cinq derniers députés provinciaux électeurs, garantissant ainsi la transparence du processus électoral. La CENI précise que ces résultats restent provisoires et sont susceptibles de recours conformément au calendrier électoral établi. Les parties prenantes disposent d’un délai allant du 17 au 24 avril 2026 pour introduire d’éventuelles contestations devant la Cour d’Appel du Sankuru. Le traitement des contentieux interviendra du 25 avril au 1er mai, suivi de la notification des arrêts du 02 au 04 Mai. La proclamation des résultats définitifs est prévue pour le 04 Mai 2026, avant la transmission, le 07 Mai, des dossiers au Président de la République en vue de l’investiture officielle._______________Junior Numbi
Fin du dollar en RDC : Réforme nécessaire ou pari risqué ?
La décision de la Banque centrale d’interdire les transactions en espèces en devises étrangères à partir d’avril 2027 marque un tournant historique pour la République démocratique du Congo. À travers cette mesure, les autorités entendent renforcer l’usage du franc congolais et reprendre le contrôle de son système monétaire largement dominé par le dollar américain. Depuis de nombreuses décennies, le dollar s’est imposé comme la principale monnaie de change dans le pays. Dans les marchés, les loyers, le commerce ou encore les services, il est souvent préféré au franc congolais, jugé instable et vulnérable à l’inflation. Cette dépendance traduit avant tout une perte de confiance durable dans la monnaie nationale. Face à cette réalité, la Banque centrale cherche aujourd’hui à inverser la tendance. L’objectif est clair : Restaurer la souveraineté monétaire, renforcer le rôle du franc congolais dans l’économie et améliorer la régulation financière. Sur le plan théorique, cette orientation apparaît légitime. Aucun pays ne peut durablement construire une économie solide en s’appuyant sur une monnaie étrangère pour ses transactions internes. Cependant, la réussite d’une telle réforme dépendra de multiples conditions. La première concerne la capacité du système bancaire à accompagner cette transition. Nous le savons, en RDC, une grande partie de la population n’a pas accès aux services bancaires, notamment dans les zones rurales. Sans inclusion financière, l’interdiction du dollar en espèces pourrait compliquer davantage les échanges au lieu de les faciliter. La question de la disponibilité du franc congolais est également centrale. Pour remplacer efficacement le dollar dans les transactions quotidiennes, il faudra produire et distribuer une quantité suffisante de billets sur l’ensemble du territoire. Or, des doutes persistent quant à la capacité logistique et technique à répondre à cette demande dans des délais aussi courts. Un autre défi concerne la structure même des coupures. Dans plusieurs régions, les billets de faible valeur comme 50, 100 ou 200 francs sont déjà délaissés en raison de leur faible pouvoir d’achat. Sans adaptation des coupures ou stabilisation de la monnaie, les petites transactions pourraient devenir problématiques. Mais au-delà des aspects techniques, c’est la question de la confiance qui reste déterminante. Les habitudes économiques ne changent pas par décret. Les congolais ont appris à se protéger contre l’instabilité en utilisant le dollar. Si le franc congolais ne devient pas plus stable et crédible, cette réforme risque d’encourager l’émergence de circuits informels ou d’un marché parallèle des devises. Dans ce cadre précis, la dédollarisation apparaît comme une réforme nécessaire, mais délicate. Elle ne peut réussir sans une approche progressive, accompagnée de mesures concrètes : Stabilisation macroéconomique, renforcement du système bancaire, modernisation des moyens de paiement et sensibilisation de la population. Qu’on se le dise, interdire le dollar en espèces ne suffira pas à lui seul à rétablir la place du franc congolais. La véritable réussite de cette politique dépendra de la capacité des autorités à restaurer la confiance dans la monnaie nationale. Sans cela, le risque est grand de voir la réforme produire des effets contraires à ceux recherchés. La RDC se trouve ainsi à la croisée des chemins : Transformer son système monétaire en profondeur ou s’exposer à une transition difficile aux conséquences incertaines. Dossier à suivre…__________________Trésor Kasamba
RDC : Se dirige-t-on vers un remaniement imminent du gouvernement Suminwa II ?
Le 15 août 2025, lors du Conseil des ministres du gouvernement Suminwa II, le Président Félix Tshisekedi avait fixé une ligne claire : bâtir un gouvernement d’action et de résultats, axé sur des réalisations concrètes, la discipline et l’unité nationale. Il avait également insisté sur la rigueur dans la gestion des finances publiques et la nécessité de produire des résultats mesurables. Près de deux ans après la mise en place du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, plusieurs signaux indiquent qu’un remaniement gouvernemental pourrait être imminent. Depuis début 2026, le Chef de l’État a intensifié l’évaluation de l’action des ministres, mettant la pression sur leur performance. Le gouvernement, formé en 2024, fait face à des critiques croissantes liées à la lenteur des réformes, à l’insécurité persistante et aux difficultés socio-économiques. Une évaluation sectorielle aurait déjà été menée en coulisses, servant de base à une possible recomposition. Dans cette perspective : Les ministres jugés performants ou stratégiques pourraient être maintenus. Ceux considérés comme inefficaces ou peu visibles sont davantage menacés de départ, notamment dans les secteurs sensibles comme la sécurité, les infrastructures ou le social. Par ailleurs, le remaniement s’inscrit dans un contexte de tractations politiques intenses au sein de la majorité, chaque camp cherchant à renforcer sa position dans l’exécutif. Au-delà des changements d’hommes, ce remaniement apparaît comme un tournant pour le second mandat de Tshisekedi, appelé à relancer l’action publique et à répondre aux fortes attentes de la population dans un contexte sécuritaire et social toujours difficile.__________________Trésor Kasamba
Haut-Katanga : JUSTICIA Asbl dénonce une vague d’enlèvements d’opposants sur fond de débat constitutionnel
Dans un communiqué de presse publié ce mercredi 15 avril 2026, l’organisation de défense des droits de l’homme JUSTICIA Asbl, sous la signature de son président Me Timothée Mbuya, monte au créneau. L’ONG dénonce une série d’arrestations arbitraires et d’actes d’intimidation visant des figures de proue de l’opposition et de la société civile dans le Haut-Katanga. Le climat politique se crispe davantage dans le sud-est de la République Démocratique du Congo. Selon les alertes documentées par JUSTICIA Asbl, une véritable opération de ratissage aurait eu lieu le 13 avril dernier à Lubumbashi. Le récit des faits est particulièrement inquiétant. Une quinzaine de personnes auraient été enlevées dans le Haut-Katanga. Parmi les victimes figurent des personnalités de premier plan : Raphaël Mututa, président honoraire de la Fondation Katangaise, et Yannick Kyungu, fils de l’illustre figure politique feu Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza. D’après l’organisation, l’opération aurait été menée par des éléments de la Garde républicaine et les deux personnalités auraient déjà été transférées à Kinshasa, où elles seraient en détention. Pour Me Timothée Mbuya et son organisation, ces incidents ne sont pas isolés. Des faits similaires auraient également été signalés dans les localités de Kashobwe et Mitwaba. JUSTICIA Asbl y voit une corrélation directe avec le contexte politique national: « Ces actes visent à faire taire les voix opposées à un éventuel troisième mandat du Président Félix Tshisekedi », dénonce le communiqué, soulignant que cette vague d’intimidation s’inscrit dans le cadre du débat houleux sur la révision de la Constitution en RDC. Face à ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire, JUSTICIA Asbl exige : La libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes interpellées. La cessation immédiate de toute forme de harcèlement contre les acteurs politiques et de la société civile. Le respect de la liberté d’expression et d’opinion, piliers fondamentaux de la démocratie. Cette série d’incidents intervient dans un climat politique marqué par de profondes divergences sur l’avenir institutionnel du pays. L’évolution de la situation sécuritaire dans le Haut-Katanga et les éventuelles réactions des officiels feront l’objet de nos prochaines mises à jour. _______________La Rédaction
RDC : Moïse Katumbi indigné après l’interpellation de Raphaël Mututa, un notable katangais
La ville de Lubumbashi est sous le choc après l’enlèvement spectaculaire, ce lundi 13 avril 2026 de Raphaël Mututa Mitsala. Cette figure emblématique de la notabilité katangaise a été appréhendée en plein jour par des hommes en uniforme, provoquant une levée de boucliers au sein de la classe politique et de la société civile. Les faits se sont déroulés aux alentours de 16h25 sur l’avenue Kimbangu et Lubilashi. Selon les témoignages concordants, des individus en tenue militaire ont intercepté Mr Raphaël Mututa Mitsala avant de l’emmener vers une destination inconnue. Raphaël Mututa Mitsala n’est pas un citoyen ordinaire, ancien président de la Fondation Katangaise et figure respectée de la notabilité locale, il représente pour beaucoup une voix morale et un repère identitaire pour la province du Haut-Katanga. Moïse Katumbi, leader de l’opposition, a immédiatement réagi à cet événement, qualifiant l’acte de sacrilège : « Ce Lundi 13 avril, en plein jour, à 16h25, des hommes en tenue militaire ont enlevé Mr Raphaël Mututa Mitsala à Lubumbashi, sur l’avenue Lubilashi. Il ne s’agit pas là d’un fait divers et encore moins banal. C’est tout un message adressé à une communauté. Notabilité de renom du Katanga et même ancien président de la Fondation katangaise, Mr Raphaël Mututa Mitsala est une voix, un repère et une icône d’un peuple », ponctue Moïse Katumbi. Pour l’ancien gouverneur, cet enlèvement dépasse la personne physique de Mr Mututa : « Le faire disparaître, ce n’est pas arrêter un homme, c’est vouloir faire taire toute une province par une atteinte grave au respect absolu dû à un de ses plus hauts dignes représentants. Enlever une telle personnalité, éminemment respectée, est plus qu’un crime. C’est un sacrilège qui rappelle les années sombres de la fin de règne de Mobutu lorsque sévissaient ses « hiboux » de sinistre mémoire. Partout, les enlèvements se multiplient. Les disparitions deviennent routine. C’est devenu une politique du régime! Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Monsieur Raphaël Mututa Mitsala et que toute la lumière soit faite sur cet enlèvement qui pourrait être lourd de conséquences », lance Katumbi sur son compte X. L’inquiétude est d’autant plus vive que les signalements de disparitions forcées et d’enlèvements semblent se multiplier ces derniers mois. Pour plusieurs acteurs sociaux, ces pratiques tendent à devenir une méthode de gestion du débat public par la peur. Face à cette situation, les voix se multiplient pour exiger des comptes aux autorités sécuritaires. L’exigence est claire, la libération immédiate et inconditionnelle de Monsieur Raphaël Mututa Mitsala. À l’heure où nous publions, aucune communication officielle des services de sécurité ou du gouvernement provincial n’est venue clarifier les circonstances de cette interpellation ou le lieu de détention de la victime. _______________La Rédaction